Présidentielles 2006 en Bulgarie :

Une élection sans surprises ?

 

François Frison-Roche

Chargé de recherche au CNRS

CERSA – Université Paris 2

 

A quelques mois des élections présidentielles en Bulgarie, prévues à l’automne 2006, les sondages donnent l’actuel président G. Parvanov largement réélu. Faut-il pour autant en conclure que les jeux sont faits ? Rien n’est moins sûr. En quelques mois, la situation politique intérieure s’est délitée et le préféré des sondages - aujourd’hui - pourrait éventuellement se retrouver – demain - en position de « bouc émissaire » des frustrations d’une opinion publique désenchantée qui a déjà montré qu’elle était versatile. La chance du président sortant : une droite désunie et décrédibilisée ! Sa crainte : l’irruption d’un « cavalier blanc » capable de faire une bonne campagne populiste !

            Dans les semaines qui viennent, plusieurs candidatures – déclarées, attendues ou potentielles – pourraient donc venir bouleverser les pronostics et renouveler les termes de la compétition. De plus, il faut attendre le rapport de l’Union européenne, prévu pour le 16 mai, dans la mesure où celui-ci devrait préconiser, soit l’adhésion pleine et entière du pays au 1er janvier 2007, soit son report au 1er janvier 2008.  La teneur de ce rapport – et de ses probables réserves – pourrait avoir une influence directe sur l’orientation de la campagne électorale et le choix définitif des Bulgares. 

 

Le parcours « sans faute » d’un président « populaire »

           

            L’actuel président Gueorgui Parvanov[1] peut être satisfait de lui. Si l’on en croit les sondages, depuis son élection à la magistrature suprême en novembre 2001, sa cote de popularité n’a cessé de grimper dans les sondages. Elle n’est jamais descendue en dessous des 60 % d’opinion favorable. Elle a parfois même atteint les 70 %.

A moins de cinquante ans, et après un premier mandat de cinq ans, le président sortant estime certainement légitime de pouvoir se représenter devant ses concitoyens. Il affiche manifestement un bilan largement positif, non seulement aux yeux de son électorat traditionnel, les socialistes, mais également  aux yeux de nombreux électeurs qui ne partagent pas ses convictions politiques. La prestation peut être saluée à sa juste valeur dans la mesure où la tâche n’était pas évidente pour qui connaît les convulsions politiques qui ont secoué les premières années de la transition de la Bulgarie vers la démocratie. Il a manifestement su jouer la carte de l’une de ses fonctions constitutionnelles, « incarner l’unité de la nation », mais il serait tout à fait simpliste de vouloir réduire son action politique à cet affichage symbolique.

            G. Parvanov est historien de formation. Sa thèse de doctorat porte sur une figure du socialisme et s’intitule « Dimitar Blagoev[2] et la question nationale bulgare – 1879/1917 ». En 1981, à vingt quatre ans, il adhère au parti communiste et, pendant dix ans, travaille dans une institution réservée à l’élite, l’Institut d’histoire du parti communiste bulgare. Il fait ses premières armes politiques dans un contexte idéologique difficile – la chute des régimes communistes en Europe au début des années 1990 – mais, faisant partie de ce que certains appellent « la relève », il grimpe d’autant plus vite les échelons internes du parti – devenu socialiste –. Il en devient le vice-président en 1994. Naturellement pourrait-on dire, il est élu député la même année.

Issu du sérail communiste – avoir la possibilité d’accéder aux archives du parti suppose de donner des gages - G. Parvanov est un homme de réseaux. Il a compris que pour soutenir sa légitime ambition politique, il doit tisser sa toile – sans précipitation – mais avec constance et discernement. Politiquement habile, il sait se mettre en avant sans revendiquer immédiatement les postes avancés – donc les plus exposés – car la vieille garde communiste tient encore les rênes et ne veut pas se laisser déposséder trop rapidement de son pouvoir et des quelques privilèges qui lui restent. C’est en 1996 qu’il devient enfin président du Conseil suprême du parti. Il y fera manifestement l’unanimité puisqu’il est réélu à ce poste en 1998, puis en 2000, à une large majorité. Il cumule cette fonction avec celle de président du groupe socialiste à l’Assemblée. Leader du parti, G. Parvanov va avoir l’occasion de manifester ses qualités d’homme d’Etat au cours de l’un des épisodes les plus dramatiques de la transition bulgare : l’échec du gouvernement socialiste dirigé par le jeune Jan Videnov. En février 1997, en effet, il joue un rôle essentiel pour mettre un terme à la grave crise politique qui secoue le pays et risque de dégénérer. Après quelques manifestations de rue réprimées brutalement et quelques tergiversations politiques internes, le parti socialiste ne revendique plus son droit constitutionnel à former un nouveau gouvernement ce qui permet ainsi de trouver une issue politique à la crise par la convocation d’élections législatives anticipées. G. Parvanov sait qu’elles sont perdues d’avance pour le parti mais il n’a pas voulu se ranger dans le camp de ceux qui proclamaient à l’époque « le parti a pris le pouvoir dans le sang, il ne le quittera que dans le sang ». Selon plusieurs bons connaisseurs du parti socialiste bulgare, février 1997 marque une rupture essentielle dans son évolution. Pour eux, elle est largement due à l’action de son président qui saura, ensuite, attendre quelques années encore pour obtenir les dividendes électoraux de son intuition démocratique.

            Jusqu’à présent, Gueorgui Parvanov a su faire un usage adroit de sa fonction de président de la République. Ferme dans ses convictions, l’actuel président est, selon de nombreux témoignages, de caractère plutôt réservé. Ses « coups politiques », il les prépare, ne les ébruite pas et ne s’en vante pas. Il a su parfaitement s’adapter à la situation politique dont il a hérité lors de son arrivée au pouvoir. A l’époque il est élu, un peu à la surprise générale, contre son prédécesseur de droite, le président P. Stoyanov, pourtant favori des sondages, qui n’avait pas su se positionner politiquement après la défaite de son propre camp aux élections législatives de juin 2001 et la victoire écrasante de l’ancien monarque, Siméon II de Bulgarie, et de son mouvement.

            Lors de sa campagne présidentielle de 2001, le candidat Parvanov indiquait qu’il voulait être « un président social ». Dans une longue interview diffusée en français, il soulignait également que «  la Bulgarie a besoin d’un président actif »[3]. Au cours des quatre premières années de son mandat, le gouvernement étant d’orientation libérale, il adopte un positionnement de « régulateur » que lui autorisent ses pouvoirs constitutionnels. Il utilise son droit de veto législatif à bon escient, saisit à de nombreuses reprises la Cour constitutionnelle pour montrer qu’il est à la fois « actif » et « social », prononce des discours qui mettent souvent ce gouvernement libéral « en porte à faux ». Qu’importe que la majorité parlementaire ou la Cour puissent lui donner tort, ses interventions calibrées peaufinent son image dans l’opinion en général et surtout vis-à-vis de son électorat. Il sait également négocier certaines nominations importantes pour ses amis, à des postes d’ambassadeurs par exemple, ou même aux plus hautes fonctions de l’Etat, comme ce fut le cas récemment pour son conseiller juridique, Boris Veltchev, qu’il a nommé au poste très important de Procureur général de Bulgarie sur la proposition quasi-unanime du Conseil judiciaire supérieur. Dans les mois qui viennent, son positionnement politique par rapport au nouveau gouvernement de centre gauche, dirigé par le parti socialiste, sera déterminant pour sa réélection. D’une manière ou d’une autre, il va certainement devoir « prendre un peu de champ » pour ne pas subir d’éventuels contrecoups liés à la baisse de popularité du gouvernement qui s’amorce d’ores et déjà dans les sondages.

            Depuis son entrée en politique, le président G. Parvanov a un objectif politique : faire évoluer et faire gagner le parti socialiste. Il a entamé cette stratégie quand il était le président du parti. Elle a manifestement réussi puisqu’il est devenu président de la République. A peine élu, il a immédiatement placé à la tête du parti un historien comme lui, Sergueï Stanichev, a qui il avait fait grimper rapidement les échelons internes du parti. Sur le plan extérieur, le parti socialiste bulgare a remporté une première grande victoire dans la mesure où, il y a plusieurs années maintenant, il s’est fait reconnaître par l’Internationale socialiste. L’image du parti socialiste s’est améliorée en Europe d’autant plus sûrement que le président Parvanov a su également imposer le « rajeunissement » de sa direction.

L’arrivée au pouvoir en 2005 du jeune Premier ministre, S. Stanichev[4], est une indication intéressante de l’implication - préparée et prévisible - du président G. Parvanov dans la vie interne du parti et dans le jeu politique du pays. Même si la constitution l’empêche d’être membre de la direction d’un parti politique[5], de nombreux observateurs ont pu noter le rôle essentiel – quoique discret - qu’il a joué dans la formation de l’actuelle coalition tripartite et surtout la place qu’il a fait accorder au DPS, le mouvement qui représente la minorité turque de Bulgarie, allié indispensable dans sa stratégie de réélection à l’automne prochain. Ce souci présidentiel de vouloir garder une certaine maîtrise sur l’action du gouvernement s’est notamment matérialisé par la nomination comme directeur de cabinet du Premier ministre ou comme Vice Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de deux de ses principaux conseillers, Filip Bokov et Yvaïlo Kalfin.

            Si chacun s’accorde à penser que l’actuel président de la République a fait jusqu’à présent un parcours « sans faute », il le doit à toute l’habileté politique qu’il a déployée. Pourtant, les mois qui le séparent de l’échéance présidentielle vont être certainement éprouvants car plusieurs signes indiquent que quelques grains de sables pourraient enrayer la belle dynamique de cette réélection annoncée.

           

Une situation politique intérieure qui se délite lentement

     

Un sondage d’opinion publié début mars 2006 montre une chute de popularité des partis formant l’actuelle coalition de « centre gauche » au pouvoir (BSP – NDSV – DPS).

-          le BSP[6], le parti socialiste, se situe à 22, 8 % des intentions de vote (contre 26, 4 % en février), le DPS[7], le Mouvement des droits et des libertés, à 8, 1 % (contre 7, 0 % en février mais près du double quelques mois plus tôt), le NDSV[8], le Mouvement créé par Siméon II, à 5, 1 % (contre 7, 5 %)[9].

-          L’opposition de droite ne profite pas de cette chute de popularité : l’ODS[10] (« droite » dirigé par l’ancien président P. Stoyanov) est à  2, 8 % et le DSB[11] (« droite » de l’ancien Premier ministre I. Kostov) à 2, 4 %. Ces partis reculent encore d’environ 1 point par rapport à février[12] ;

-          D’autres petits partis comme l’ORIM (nationaliste macédonien) (1, 0 %), l’UAPB-UP (agrarien) (0, 8 %), Temps nouveau (dissident du NDSV) (0, 6 %) et l’UDL (« droite » de l’ex maire de Sofia) (0, 5 %) restent insignifiants même s’ils sont en légère progression par rapport au mois précédent.

-          le mouvement extrémiste et « anti-tout », Ataka, dirigé par Volen Siderov, monte à 9, 1 % (contre 7, 8 %) et serait donc devenu la deuxième force politique du pays[13].

D’après les analystes, ce recul du BSP est principalement dû aux échecs du gouvernement dans les domaines de la politique de réforme du système de santé, de l’amélioration promise du niveau de vie et de la lutte contre la criminalité. Il reste néanmoins le seul mouvement politique qui - sur le plan électoral du moins - garde une certaine force, voire une certaine stabilité.

La quatrième place du NDSV est manifestement le prix payé pour sa participation à la coalition gouvernementale. Elle est également le signe de l’incapacité de ce mouvement à fidéliser un électorat.

L’accentuation de la popularité d’Ataka proviendrait du fait qu’il a été l’unique « parti politique » à lancer systématiquement des attaques contre les quatre piliers du consensus de la transition bulgare : la « paix ethnique », l’orientation européenne, l’économie de marché et la démocratie. Le tout, enveloppé dans une logorrhée nationaliste agressive qui plait aux « perdants de la transition » qui constituent le groupe social le plus important de la population. Pourtant, toujours selon les analystes locaux, l’expansion du mouvement Ataka aurait atteint un plafond[14].

Parmi les leaders de la coalition gouvernementale, la cote de popularité du Premier ministre socialiste, S. Stanishev, passe de 41 % à 35 %. Celle de Siméon II chute à 19 %. Parmi celle des principaux ministres, Roumen Petkov (Intérieur) enregistre le recul le plus important (de 31 % à 23 %).

La cote du Président de la République, G. Parvanov passe de 70 à 61 %.

En revanche, l’ancien garde du corps de Siméon II, ancien Secrétaire général du ministère de l’Intérieur (avec le grade de général) et actuel maire de Sofia, Boïko Borissov, arrive en tête avec 70 % de satisfaits.

Ce sondage montre également une chute de popularité des principales institutions du pays. La police chute de 8 %, la présidence de la République de 6 %, l’armée de 4 %. La baisse est également sensible pour le  gouvernement, le parlement, les partis politiques, la Prokuratura et les instances judiciaires.

Pourtant, aussi étrange que cela puisse paraître, le sondage indique que 48 % des personnes interrogées pensent que la coalition tripartite actuelle ira au terme de son mandat (4 ans). D’autre part, 56 % des gens estiment que l’accession à l’UE est importante pour la Bulgarie.

 

Une situation économique plutôt favorable qui n’empêche pas une désillusion sociale inquiétante

 

            Dans le contexte régional des Balkans, la situation économique globale de la Bulgarie est - toute proportion gardée - plutôt favorable. L’action du gouvernement de Siméon II (2001-2005) a été louée par les institutions financières internationales. Il a suivi les recommandations draconiennes de discipline financière et budgétaire qui ont ramené la confiance. Globalement, sa politique n’a fait que reprendre, d’ailleurs, celle initiée par son prédécesseur, I. Kostov. L’instauration d’un « Currency board », depuis 1997, a également empêché toutes velléités de dérapage.

Au cours de la législature, l’inflation est restée dans des limites raisonnables. Le chômage a officiellement régressé de 17 % en 2001 à environ 10 % en 2005. Pendant 4 ans, les investissements directs étrangers se sont chiffrés à plusieurs milliards d’euros. Certaines privatisations ont réussi[15], d’autres ont échoué[16]. Quelques appels d’offres et une concession d’exploitation ont alimenté de virulentes polémiques politiques[17]. Le secteur du tourisme est désormais en pleine expansion et procure des ressources et du travail saisonniers. Les nombreux travailleurs bulgares à l’étranger envoient également de l’argent à leur famille. Même s’il est « politiquement incorrect » de le souligner publiquement, l’économie souterraine[18] – difficile à estimer par définition – fait vivre de nombreuses familles.

Après 15 ans de transition, de ruptures multiples, de confrontation politique aiguës, d’espoirs déçus et surtout de « chute du niveau de vie[19] », l’opinion publique estime – à tort ou à raison – ne pas avoir reçu les « dividendes » des efforts demandés et fournis. Surtout que la corruption – y compris au niveau de la vie quotidienne du « bulgare moyen » - sape la cohésion nationale et alimente une suspicion générale. Le système judiciaire – dans son ensemble - s’est montré incapable d’effectuer sa mission malgré quelques réformes tardives, et la population, à 70 %, ne lui fait pas confiance. On peut se poser la question de savoir, d’ailleurs, pourquoi le gouvernement de Siméon II, qui disposait pourtant d’une majorité au parlement, n’a pas pu réformer plus profondément ce secteur essentiel à l’enracinement de la démocratie. Il faut voir dans cette incapacité politique un échec évident du précédent gouvernement.

La loi de finances pour 2006 a été adoptée par le Parlement en décembre 2005. Les priorités du budget de la coalition de centre gauche témoignent d’une certaine continuité avec les exercices précédents : stabilité macroéconomique et croissance à long terme, financement des activités dans le cadre de l’intégration européenne, réduction de la charge fiscale et de la sécurité sociale et augmentation de la part des investissements publics[20].

Cette « continuité », qui s’inscrit dans la volonté de s’afficher comme un « bon élève » pour rejoindre l’Union européenne dès le 1er janvier 2007, est certainement à l’origine de la chute de popularité du BSP et de la coalition gouvernementale qu’il domine. Les promesses faites au cours de la campagne législative de juin 2005 concernant les bas salaires et les retraites n’ont pas été honorées par les socialistes ; et l’opinion, par l’intermédiaire de sondages successifs, fait part de son agacement avant - la question peut être posée - de manifester concrètement son mécontentement. Le président de la République ne s’y est d’ailleurs pas trompé, qui a commencé à émettre quelques « réserves » sur l’action gouvernementale.

           

Un climat d’insécurité préoccupant

 

Dans un sondage du mois dernier, 60 % des Bulgares déclaraient éprouver un sentiment d’insécurité au quotidien. Cette tendance, qui existait déjà auparavant, s’est renforcée notamment à la suite de l’assassinat sauvage de deux adolescentes dans la ville de Pazardjik - que la police s’est avérée incapable d’élucider - du meurtre en plein centre de Sofia d’un jeune « banquier » de 38 ans (Emil Kulev, l’une des premières fortunes de Bulgarie !), et de celui, encore plus récent, d’un « mafieux » au volant de sa Porsche. Le double assassinat de Pazardjik et les multiples règlements de compte, à Sofia mais également en province ou sur la côte de la mer Noire, ont fait exploser le ressentiment de la population devant l’incurie du gouvernement. La mobilisation des ressources policières n’a donné aucun résultat visible pour l’instant. La lenteur des enquêtes a été accompagnée dans la presse de rumeurs contradictoires. Depuis trop d’années maintenant, l’incapacité et l’impuissance des autorités politiques contrastent avec l’impunité dont semblent bénéficier certains membres notoires des « milieux criminels ». 

Il faut dire que l’échec de la lutte contre la criminalité organisée n’est pas l’apanage de ce gouvernement. C’est même l’un des échecs les plus évidents de celui de Siméon II qui, malgré diverses « stratégies gouvernementales », plus affichées que mises en œuvre, et les effets médiatiques du général Boïko Borisov[21], n’a pas su - ou n’a pas pu politiquement - s’attaquer à ces véritables « associations de prédation » qui recrutent manifestement bien au delà des cercles criminels traditionnels.

Tous les milieux politiques et de nombreux « décideurs administratifs » sont touchés[22] ! Comme le constatent de nombreux observateurs, la « criminalité organisée » bulgare est composée de « malfrats », bien sûr, mais également d’acteurs politiques, économiques et administratifs qui représentent désormais au sein du pouvoir une « influence » considérable dont le pays aura du mal à se défaire rapidement tout seul ! Un des dirigeants du BSP, Yanaki Stoïlov, a récemment reconnu une influence disproportionnée de certains milieux d’affaires dans les rouages du parti et du gouvernement.

Si l’Union européenne a raison d’insister sur la réforme du système judiciaire bulgare[23] (une nouvelle réforme constitutionnelle es sur le point d’être adoptée), il n’en demeure pas moins vrai que l’UE ne devrait pas considérer le « phénomène criminel bulgare » (et – globalement - balkanique !) comme similaire à la criminalité occidentale. Il y a entre les deux une différence de nature. L’arrestation, effective ou annoncée, de quelques gangsters notoires ne doit pas faire illusion. Bien que s’exprimant en termes diplomatiques, Olli Rehn[24] ne dit pas autre chose quand il signale que la Bulgarie et la Roumanie doivent combattre « la haute corruption » et doivent montrer que « personne n’est au-dessus de la loi » ![25]

L’Union européenne estime certainement avec raison que la région des Balkans ne doit pas devenir la « porte » de nombreux trafics (immigration clandestine, drogue, prostitution, etc.) avec la Russie, les pays du Caucase et d’Orient. La Bulgarie et la Roumanie constituent deux verrous importants de sa sécurité globale au Sud. À la vue des piètres résultats obtenus, on peut se poser la question de savoir si la Bulgarie – et donc l’actuel gouvernement  – a la capacité politique de faire prévaloir la volonté qu’il affiche en matière de lutte contre la corruption et la criminalité organisée.

 

Présidentielles : candidatures déclarées et candidatures potentielles

 

-         L’évidence Parvanov !

 

A gauche, il ne peut y avoir qu’une seule candidature naturelle : celle du président sortant. Lors d’un récent entretien avec la presse, le Premier ministre, qui est également le chef du parti socialiste, a évoqué cette candidature comme une évidence et il est certain que tout le parti va se mobiliser dans les mois qui viennent pour assurer la réélection du président Parvanov à l’automne. Le BSP dispose d’une relativement bonne organisation dans tout le pays – héritage du défunt parti communiste bulgare – et de moyens financiers à la hauteur de ses ambitions électorales. Il dispose de plusieurs ministres et vice-ministres au gouvernement pour montrer que le parti s’implique concrètement dans les changements fixés. Cependant, du fait des engagements pris auprès des organisations financières internationales et auprès de l’Union européenne, le gouvernement risque de se trouver limité sur le plan budgétaire pour tenir les principales promesses électorales de la campagne des législatives 2005.

Dans sa course à la réélection, le BSP devrait également disposer d’un « allié » de poids, le DPS, même si cet allié – électoralement indispensable mais politiquement encombrant à bien des égards - aura tendance à faire monter les enchères au fil des mois. Ce dernier pourra-t-il aller (c’est une supposition provocatrice) jusqu’à revendiquer en parole tout au moins le poste purement honorifique de Vice-président de la République ou bien se contentera t-il, ce qui est beaucoup plus vraisemblable, d’engagements très concrets en faveur des multiples intérêts du parti, tant sur le plan local que national ? Le débat électoral ne fait que commencer et le DPS ne s’est pas privé de lancer déjà par l’intermédiaire de la presse quelques « petites phrases » sans équivoque. Il faudra compter avec lui dans les prochains mois surtout qu’il est le seul parti politique qui n’a pas besoin de présenter un candidat à la présidentielle pour exister politiquement.

Qu’on le reconnaisse officiellement ou pas, le DPS est désormais en situation de force sur l’échiquier politique bulgare et son leader « charismatique » – auprès de son électorat du moins –, Ahmed Dogan, est un fin politique. C’est son parti charnière – et son électorat obéissant – qui peuvent faire et défaire les présidents. G. Parvanov le sait d’autant plus que les analyses post-électorales ont montré qu’il devait une large partie de sa victoire au deuxième tour en 2001 aux électeurs de ce parti qui l’ont finalement préféré au candidat de la droite. La participation du DPS à l’actuelle coalition gouvernementale est violemment contestée par le mouvement extrémiste Ataka. Trop de concessions au DPS pourraient être contre-productifs sur le plan électoral surtout qu’une frange du parti socialiste considère toujours ce mouvement comme un « parti ethnique » et donc constitutionnellement illégal[26].

 

-         L’improbable candidature Siméon II 

 

En 2001, l’ancien monarque a réussi un tour de force politique : créer un mouvement politique, gagner confortablement les élections législatives et devenir, dans la foulée, Premier ministre. Après quatre ans d’exercice et un bilan positif – sur les plans économique et international du moins - l’usure du pouvoir a fait son œuvre. Siméon de Saxe-Cobourg a globalement déçu l’opinion publique qui ne voit plus en lui le « recours » qu’il incarnait quatre ans auparavant. Les miracles, surtout en politique, se reproduisent rarement. Sa cote de popularité est désormais plus basse que celle qu’il obtenait quand il était aux affaires.

Il faut dire que l’ancien monarque, dont la démarche politique visait à réconcilier les Bulgares après dix ans d’affrontements bipolaires, s’est attiré de facto quelques haines féroces : de la classe politique en général, de la presse avec qui il a toujours eu des relations difficiles et d’une grande partie de l’intelligentsia. Il est attaqué à la fois sur sa gauche et sur sa droite. Cet « acharnement croisé » est à la mesure des angoisses et des ressentiments qu’il continue de susciter.

Aujourd’hui, à gauche, on se souvient que l’objectif initial de Siméon était de se présenter aux élections présidentielles de l’automne 2001. A l’époque, la Cour constitutionnelle a décidé qu’il ne remplissait pas une condition inscrite dans la constitution : avoir vécu cinq ans dans le pays[27]. C’est devant cette impossibilité qu’il avait alors créé un parti et s’était lancé dans la bataille des législatives de juin 2001 avec le résultat que l’on connaît. Le PSB peut toujours craindre que l’ancien monarque décide – si les circonstances lui redevenaient favorables – de se lancer dans cette nouvelle compétition présidentielle. Il reste un concurrent potentiel qu’il faut écarter pour ne prendre aucun risque.

A droite, Siméon est perçu comme le « fossoyeur » du mouvement qui se présentait devant l’opinion comme la seule alternative  aux « communistes » du PSB. Non seulement il est tenu pour responsable de la défaite électorale de l’ancien Premier ministre I. Kostov, qu’il a écrasé aux législatives de juin  2001, mais encore de la non-réélection du président Stoyanov qui fut battu par l’actuel président Parvanov à l’automne de la même année.

On ne s’étonnera donc pas que la classe politique - de droite et de gauche - ait de solides ressentiments à son endroit. Difficilement attaquable sur le plan purement politique – c’est-à-dire sur son bilan au cours de la précédente législature – ses ennemis ont décidé de l’attaquer sur un point susceptible de le discréditer dans l’opinion : les biens qu’il a récupérés en sa qualité d’héritier de la couronne bulgare. Pour être bref, on lui reproche des « restitutions de biens » qui ne feraient pas la distinction entre biens de la famille royale et biens de la monarchie (donc, sous-entendu, propriétés de l’Etat). Le biais est perfide, car « le droit » en la matière peut être exploité de manière polémique quand il s’oppose à ce que l’opinion perçoit comme « le juste ». Le BSP avait déjà dans sa manche un projet de loi en ce sens, mais sa victoire limitée aux élections législatives de 2005 et son obligation de former une coalition gouvernementale avec le parti de Siméon l’ont empêché de le faire examiner par le parlement. Une commission parlementaire vient d’être formée (à la proportionnelle des groupes) pour examiner les pièces du dossier et rendre un rapport. On peut imaginer que cette procédure servira de moyen de pression vis-à-vis de l’ancien monarque, si tant est qu’il ait vraiment la volonté de se présenter. L’opinion publique bulgare étant ce qu’elle est, une campagne de presse hostile à Siméon II, habilement orchestrée, serait de nature à ruiner ses chances de succès. Sensible à sa réputation, notamment sur le plan extérieur, il est certain que l’ancien monarque ne relèvera ce nouveau défi que s’il est sûr de le gagner. Ce n’est pas le cas aujourd’hui.

Il n’est pas certain, toutefois, que le monarque ait dit son dernier mot dans cette future élection présidentielle car il existe une alternative. La présentation par son parti d’un candidat - ou d’une candidate -  pourrait brouiller les cartes et créer la surprise. Le NDSV devra trancher une question préalable : les membres de l’actuelle coalition gouvernementale tripartite - dirigée par le parti socialiste - doivent-ils obligatoirement soutenir le candidat du parti socialiste ? Dans l’affirmative, ce serait certainement un gros sacrifice politique en termes de « visibilité » du NDSV dans l’opinion. On peut également se poser la question de savoir ce qu’il obtiendrait en échange, sur le plan politique évidemment.

 

-         L’inéluctable échec d’une droite divisée et décrédibilisée

 

Même si la « droite » bulgare réussissait le pari de présenter un candidat unique aux futures élections présidentielles – comme elle prétend vouloir le faire - les sondages actuels sont terriblement cruels. Ce candidat ne rassemblerait qu’environ 7 % des suffrages au premier tour et serait écarté du second.

Certes, l’indication fournie par ces premiers sondages est d’autant moins fiable que les négociations entre les alliés d’hier ne font que débuter. On peut penser que les sondages pourraient donner des indications différentes si un candidat était finalement désigné, non pas tant comme « le plus petit commun diviseur » d’une droite irréconciliable mais pour des qualités intellectuelles, morales et politiques incontestables. Si cette personne dispose d’une certaine notoriété, les citoyens pourraient se déterminer d’autant plus rapidement dans les prochains sondages. Si tous les partis qui se réclament de la droite, sans arrière-pensées, se rangent alors derrière ce candidat pour faire une campagne positive sur un programme proche des préoccupations des gens, le « candidat de la droite unie » aurait désormais quelques chances de figurer plus honorablement dans les prochains sondages pré-électoraux.

Cela fait beaucoup de conditions pour une candidature unique de la droite bulgare. Et ce candidat peut-il même exister ? Il est permis d’en douter quand on connaît les haines recuites qui séparent désormais les deux principaux protagonistes de cette droite moribonde : P. Stoyanov, l’ancien président de la République, pour l’ODS et I. Kostov, l’ancien Premier ministre, pour le DSB. D’autre part, si un tel candidat rassembleur existait, on peut douter que les différents partis de cette droite bulgare puissent se mettre d’accord pour proposer – en quelques semaines -  un programme attractif.

Peut-on, dès lors, parler des chances d’un futur candidat unique de la droite – qui n’existe toujours pas - ou doit on d’ores et déjà parler des divers candidats potentiels de la droite se présentant pour ce qui ne serait alors que des « candidatures de témoignage » ?

P. Stoyanov, manifestement plus soucieux de préserver son poste de président de son parti qui lui permet d’exister politiquement, a indiqué qu’il ne se présenterait pas pour ne pas donner l’impression qu’il cherche une revanche sur son successeur à la présidence de la République. Il sait surtout qu’il n’a pas la capacité d’atteindre son score précédent de l’automne 2001 et qu’il serait obligé de s’appliquer la sanction qu’il préconisa publiquement à l’égard de Nadejda Mihailova, la précédente présidente du parti, lors de l’échec des élections législatives de 2005, qui la contraignit à la démission.

 Quant à I. Kostov, il semble qu’il n’ait jamais vraiment assimilé – politiquement du moins - la dimension de sa défaite aux élections législatives de juin 2001 et qu’il en ait tiré les conséquences. Il se contente, depuis, d’un positionnement de « recours » hypothétique d’une « droite » qui n’existe plus.

A sept mois de l’échéance, est-il important de citer les noms d’autres candidats potentiels de la droite bulgare ? On ne le pense pas dans la mesure où ils ne pourront figurer dans cette course, de toute façon, qu’au titre de la manifestation visible d’une certaine droite défunte tant leurs objectifs semblent se limiter à grappiller quelques milliers de voix pour manifester, si ce n’est une existence politique, du moins une capacité de nuisance.

 

-         La tentation extrémiste : Volen Siderov

 

Sauf empêchement, Volen Siderov, le leader du Rassemblement national Ataka, se présentera aux élections présidentielles de 2006. L’émergence de ce mouvement extrémiste lors des élections législatives de juin 2005[28] a été un choc pour « la classe politique » bulgare qui n’avait rien vu venir.

Même si ce rassemblement hétéroclite semble avoir atteint un palier électoral – si ce n’est une certaine limite – le mouvement Ataka pourrait de nouveau créer la stupéfaction à l’automne 2006 en se transformant en exutoire protestataire de ce que la Banque mondiale appelle dans ses volumineux rapports sur les pays post-communistes les « perdants des réformes », autrement dit les « perdants » de la transition. Cette catégorie de la population, il faut le répéter, constitue encore une majorité au sein de l’électorat bulgare même si elle a tendance à se résorber petit à petit depuis quelques années. Elle recrute sans distinction de niveau social ou culturel, d’âge ou d’appartenance idéologique.

Comme le disent avec retenue plusieurs observateurs bulgares, soucieux de l’image du pays véhiculée à l’étranger, V. Siderov est une « personnalité complexe » (slojna litchnost) dans le paysage politique national. Pour ses plus farouches opposants politiques, qui ne s’embarrassent pas de circonvolutions oratoires, c’est un « dangereux paranoïaque » qui exploite le créneau du national-populisme. Pour ses supporters, c’est au contraire le « rédempteur » de la Bulgarie et le « libérateur » des « vrais » Bulgares. Il portera bientôt l’estocade fatale aux profiteurs et prévaricateurs de la classe politique qui pillent le pays depuis quinze ans.

V. Siderov, cinquante ans, est aujourd’hui député. Jeune, il aurait commencé des études supérieures dans un séminaire orthodoxe. Dans les années 1980, on le retrouve photographe au musée de la littérature bulgare. Au début des années 1990, il se lance dans le métier de journaliste[29]. Il arrive à se faire nommer au poste de rédacteur en chef du quotidien de l’opposition anti-communiste « Democratsia »[30]. Après en avoir été exclu, on le retrouve au groupe de presse « 168 heures » puis rédacteur en chef adjoint du journal « Monitor » d’où, selon la rumeur, il aurait été licencié pour les idées racistes et antisémites qu’il propage dans ses livres[31].

Sur le plan politique, il fait déjà preuve d’un certain opportunisme et tente sa chance auprès de plusieurs partis politiques. En 2001, il aurait vainement postulé de prendre la tête de liste du NDSV dans la région de Yambol. En 2003, il est candidat à la mairie de Sofia pour le minuscule parti agrarien de Yané Yanev qui fait aujourd’hui partie de la coalition de l’ODS. Début 2005, il se rapproche de l’autre figure du « populisme à la bulgare » : George Gantchev[32].

Ses ambitions politiques vont s’affirmer au fur et à mesure qu’il anime un « talk-show » sur une chaîne câblée, SCAT-TV, qui lui a servi – et continue de lui servir – de caisse de résonance pour son discours « anti-tout »[33]. Avec son émission intitulée « Ataka », qui remporte un vrai succès d’audience, il rode ses arguments auprès de l’opinion. Il a trouvé un « créneau porteur » qu’il va parfaitement savoir exploiter lors des élections législatives de juin 2005.

Mais, à y bien réfléchir, un « succès » de V. Siderov au premier tour des élections présidentielles de 2006 est-il si défavorable au président sortant ? Cette hypothèse-catastrophe conduirait immanquablement l’ensemble des forces politiques à soutenir le président Parvanov au deuxième tour pour « faire barrage au fascisme ». Se dessinent alors les contours du scénario roumain de l’élection présidentielle de novembre–décembre 2000 où le président Ion Iliescu avait du affronter l’extrémiste Corneliu Vadim Tudor[34] au second tour du scrutin ou encore le scénario français de 2002 où J. Chirac eu la chance d’affronter J-M. Le Pen.

La déliquescence actuelle de la droite bulgare incite à ne pas prendre cette supposition à la légère. Un récent sondage indique même que V. Sidérov - avec 8 % des voix seulement il est vrai – ferait mieux qu’un éventuel candidat unique de la droite qui n’obtiendrait que 7 %. L’écart est faible, certes, mais c’est une tendance qui, si elle se confirmait, est inquiétante.

Sans aller jusqu’à prendre en considération ce qui commence à se murmurer à Sofia - et qui va manifestement trop loin – c’est-à-dire que la candidature de V. Siderov est de nature à assurer la victoire du président sortant au second tour, les observateurs seront attentifs aux positionnements politiques des uns et des autres et à d’éventuelles surenchères au cours de la campagne électorale. L’électorat hétérogène de V. Siderov fait des envieux et, à défaut de savoir garder un électorat sur le long terme, certains savent désormais – quitte à jouer les apprentis sorciers - comment attirer celui-ci.

La presse bulgare n’a pas manqué de souligner la courtoisie avec laquelle le maire de Sofia, B. Borisov, aurait facilité une manifestation importante d’Ataka le 3 mars, le jour de la fête nationale bulgare. Si V. Siderov ne suscite aucune sympathie au sein de la classe politique bulgare, son électorat flottant pourrait attirer les convoitises.

 

-         L’étrange Monsieur Borisov

 

Le parcours personnel et politique du « général » Boïko Borisov[35] est pour le moins étonnant. Cette « success story à la bulgare » révèle - en creux pourrait-on dire – une dimension essentielle de l’instabilité chronique du système politique bulgare : la propension de l’électorat à favoriser le choix d’un individu « charismatique » au détriment d’un choix politique et programmatique. Héritage du passé et méfiance viscérale à l’égard des programmes qui promettent « des lendemains qui chantent » ou résultat de l’immaturité d’une population privée de points de repères démocratiques et qui réagit de manière émotionnelle ? C’est en tout cas un rude constat pour l’ensemble des partis politiques qui essayent de « coller » au modèle occidental. Ce ne sont pas, en effet, les mesures qui sont proposées pour résoudre les problèmes qui semblent intéresser l’opinion mais plutôt un individu qui, charisme aidant, va dire ce que l’opinion a envie d’entendre dans un environnement qu’elle ne comprend plus. La critique a déjà été faite, en son temps, à l’égard de Siméon II et de son « discours populiste » de 2001 dont la presse – notamment étrangère – s’était fait l’écho. Alors, après le retour de « l’enfant-roi » qui allait faire des miracles, faut-il craindre l’arrivée d’un « jeune et beau général[36] » qui va remettre de l’ordre ?

Pour certains, son passé rend le personnage « sulfureux », pour d’autres, il est l’exemple type de l’homme honnête qui fait son devoir – là où il se trouve – de manière consciencieuse et tenace. Désormais en tête de tous les sondages de popularité, celui qui est devenu récemment le nouveau maire de Sofia[37] fait désormais figure d’outsider dans la course à la présidence. Même s’il s’en défend, il n’est pas à exclure qu’il déclare sa candidature dans quelques semaines. L’annonce de la création en juin ou en juillet d’un « parti » serait un signe manifeste dans cette direction. B. Borisov représente d’ailleurs actuellement la seule « candidature potentielle » dangereuse face au président sortant.

De prime abord, la tentative n’est pas gagnée d’avance dans la mesure où, toujours d’après les sondages, si les électeurs avaient à départager les candidats Parvanov et Borisov lors d’un second tour des présidentielles, 41 % voteraient en faveur du président sortant contre 31 % pour le général Borisov. Mais nous sommes en mars 2006 et l’élection aura lieu à l’automne. La dynamique politique qui est en train de se mettre en marche semble pourtant plus en faveur du général que du président sortant. Surtout si une partie de la droite venait à le soutenir.

Après ses études secondaires, le jeune Borisov a rejoint l’Académie du ministère de l’Intérieur, mais seulement au sein du département « Prévention et lutte contre les incendies ». En effet, comme son grand-père avait été liquidé par les communistes lors de leur arrivée au pouvoir après la guerre, il était catalogué comme « fils d’ennemi du peuple » et ne pouvait pas prétendre rejoindre l’un des deux autres départements, « Police » et « Renseignement » réservés aux candidats politiquement plus sûrs. La presse bulgare s’est fait l’écho de rumeurs selon lesquelles il aurait été un agent de la sinistre « Darjavna Sigournost » (DS), la police politique communiste, au sein de la 6e Direction chargée de la surveillance de la communauté bulgare d’origine turque. Il a été également chargé de la protection de Todor Jivkov, l’ancien Secrétaire général du parti communiste bulgare, mais seulement après que celui-ci ait été écarté du pouvoir.

C’est en sa qualité de directeur d’une entreprise privée de sécurité prospère qu’il fait la connaissance de Siméon II en train de préparer son retour en Bulgarie. A ce moment là, chargé de sa protection rapprochée, on peut le voir sur de nombreuses photos parues dans la presse, juste derrière l’ancien monarque. Il assure cette fonction de « garde du corps » jusqu'à sa nomination en 2001 par Siméon II, devenu Premier ministre, comme Secrétaire général du ministère de l’Intérieur avec le grade de « général ». A ce poste-clé, B. Borisov va faire régulièrement la une de la presse bulgare, notamment avec des déclarations fracassantes sur les « insuffisances » du système judiciaire et surtout sur l’incompétence de nombreux magistrats qui relâcheraient les criminels arrêtés par la police. Sa notoriété auprès de l’opinion va aller crescendo au fil des mois, jusqu’à dépasser celles du Premier ministre et du président de la République.

Ses ennemis – assez nombreux et d’horizons politiques divers - ne manquent pas de chercher à l’atteindre par des révélations sur son passé ou sur ses fréquentations « douteuses », notamment avec le dénommé Roumen Nikolov, son ancien collègue au ministère de l’Intérieur, « recyclé »  depuis 1989 dans diverses entreprises réputées liées au crime organisé. Par son action au ministère de l’Intérieur, B. Borisov a manifestement gêné certains milieux où gravitaient les élites prédatrices bulgares. En 2003, à la suite d’une campagne de presse, il présente même sa démission au Premier ministre, qui la refuse. En sa qualité de Secrétaire général du ministère, il a pu, il est vrai, nouer des contacts avec de nombreux hauts responsables étrangers chargés de la lutte contre la criminalité - aux Etats-Unis comme en Europe - lesquels ont apprécié globalement son action, si ce n’est son efficacité dans le traitement de certaines affaires. A l’étranger, le général B. Borisov n’est donc pas un inconnu.

Pour les élections législatives de juin 2005, et comme la loi le permet, le mouvement de Siméon II le place « tête de liste » dans deux circonscriptions. La rumeur court qu’il ferait l’objet d’un « contrat » commandité par la pègre d’un pays voisin. Le candidat suspend alors sa campagne et compte sur sa notoriété pour convaincre les électeurs. Il est élu triomphalement mais démissionne immédiatement de son mandat de député en disant que la politique ne l’intéresse pas. Les motifs exacts de sa rupture avec le NDSV et l’ancien monarque ne sont pas très clairs. Il semble qu’il ait éprouvé un certain dépit de ne pas voir sa candidature comme ministre de l’Intérieur suffisamment soutenue par le NDSV lors de la formation du gouvernement de la coalition tripartite. 

Quelques mois après sa démission du parlement, il se présente donc en candidat « indépendant » aux élections municipales partielles organisées à Sofia[38]. Le lendemain de son élection, sa première action - devant les caméras de la télévision bien sûr - sera de faire reboucher par les services techniques de la ville quelques uns des nombreux « nids de poules » qui parsèment l’un des principaux boulevards de Sofia et exaspèrent depuis longtemps les automobilistes. Au delà de ces quelques anecdotes - quand même révélatrices du personnage - il est intéressant de noter que le candidat « indépendant » B. Borisov a bénéficié d’un excellent report des voix des électeurs centristes du NDSV et de ceux des différents partis de droite[39] lors de ces élections municipales partielles. L’effet « tous contre le BSP » semble avoir remarquablement joué en sa faveur et pourrait être de bonne augure pour lui lors d’une éventuelle échéance électorale plus importante… mais laquelle ? les présidentielles de 2006 ou de possibles législatives anticipées en 2007 ? Boïko Borisov souhaite-t-il devenir président de la République en 2006 ou Premier ministre en 2007 ?

 

Les enjeux croisés de l’adhésion à l’Union européenne et de l’élection présidentielle

           

D’une manière que l’on peut considérer comme indirecte – contrainte du calendrier oblige - l’Union européenne s’est s’invitée au débat de la future campagne présidentielle bulgare. Qu’on le veuille ou pas, en effet, les décisions qui vont être prises dans les mois qui viennent concernant la Bulgarie auront des répercussions directes sur la vie politique intérieure et sur l’appréciation que l’opinion va se faire de la décision prise par l’UE mais également de la position que les candidats adopteront à son égard. On peut craindre pour la sérénité du débat démocratique dans la mesure où les intérêts à court terme des candidats peuvent contredire les intérêts à long terme du pays.

Dans quelques semaines, le 16 mai, l’UE doit rendre un rapport sur l’état de préparation du pays à la veille de son entrée prévue le 1er janvier 2007. Ce rapport peut aboutir à trois scénarios principaux : 1) l’UE constate que le pays remplit dès à présent toutes les conditions requises et recommande son entrée au 1er janvier 2007. C’est le scénario qui semble le plus optimiste ; 2) l’UE constate que le pays doit encore faire quelques efforts concrets de réforme dans certains secteurs et indique qu’elle prendra une décision définitive à l’automne sur son entrée le 1er janvier 2007. C’est un rapport qui émet des « réserves », certes, mais le scénario reste encore favorable à l’ambition légitime de la Bulgarie de rentrer comme cela était prévu lors de la signature du traité d’adhésion ; 3) l’UE constate que la Bulgarie n’a pas suffisamment remédié aux carences constatées dans les précédents rapports la concernant et suggère que son adhésion soit repoussée d’un an, c’est-à-dire au 1er janvier 2008. Pour ce qui concerne la Bulgarie, la décision devra être prise à l’unanimité des membres de l’UE. C’est le scénario pessimiste qui constituerait un véritable camouflet politique pour l’actuel gouvernement de coalition tripartite mais, indirectement aussi, pour le travail tout-à-fait méritoire de la précédente législature et donc l’action du gouvernement dirigé par Siméon II entre 2001 et 2005 dans le domaine de l’intégration européenne.

Les répercussions de ce rapport de l’UE en matière de politique intérieure peuvent être perçues comme étant à plusieurs niveaux, les « effets de ricochet » n’étant pas les moins importants dans un contexte électoral.

Dans le cas du scénario le plus optimiste, le Premier ministre socialiste de l’actuel gouvernement de coalition pourra se targuer d’une réussite politique manifeste, de l’efficacité de sa démarche réformatrice, entamée il y a à peine quelques mois, et du bien fondé d’un projet politique global qui – le hasard fait bien les choses – est justement celui que propose l’actuel président de la République et candidat du parti socialiste aux élections présidentielles. G. Parvanov retirera évidemment un profit politique de ce succès de politique étrangère car, si la Bulgarie a atteint ce résultat, c’est que l’action présidentielle aura été déterminante au cours des cinq dernières années. L’argumentation électorale de la campagne socialiste deviendrait dès lors très simple. Si, comme en sport, « on ne change pas une équipe qui gagne », alors l’actuel président doit continuer à œuvrer à son poste et faire encore bénéficier la Bulgarie de son expérience.

Si la proposition de l’UE de faire adhérer la Bulgarie sans condition au 1er janvier 2007 est prise le 16 mai 2006, des esprits retors pourraient imaginer qu’elle constitue un signal indirect de « lever le pied » dans les prochains mois et – ce serait de bonne guerre car leurs prédécesseurs ont fait plus ou moins la même chose – faciliter éventuellement le déblocage de quelques fonds budgétaires au cours des prochains mois pour soulager la situation très difficile de quelques catégories sociales parmi les plus défavorisés. Pour paraphraser un slogan qui a fait florès, l’argumentation du président sortant pourrait être : avec moi, c’est l’Europe plus une approche sociale de l’économie de marché[40]. Dans la mesure où ce premier scénario – c’est une constatation – est favorable au président sortant, il pourrait être considéré comme défavorable à ses concurrents. Ceux-ci pourraient alors essayer de dénigrer l’Europe et les nouvelles contraintes qu’elle va faire peser dans les années à venir sur la population en général. Ces candidats pourront alors aller piocher dans les argumentaires existants de différents partis populistes et anti-européens de plusieurs pays d’Europe centrale. Ils « transféreront » quelques exemples choisis au cas bulgare. Souvent, les campagnes électorales ne cherchent malheureusement pas à informer mais à exploiter des peurs latentes qui existent au sein de l’électorat. On peut se demander si ce premier scénario - qualifié d’optimiste et a priori le plus favorable pour la Bulgarie - n’est pas en fait un scénario néfaste.  

Dans l’optique du deuxième scénario – dès aujourd’hui le plus probable selon plusieurs responsables politiques bulgares réalistes – l’UE continuera de mettre l’actuelle coalition gouvernementale « sous pression » pour plusieurs mois. Sa prise de décision définitive, sous réserve évidemment de l’accomplissement de ce qui est demandé, serait reportée à l’automne. L’UE forcera l’actuel gouvernement à poursuivre ses efforts dans les domaines où la Commission estime que la Bulgarie n’a pas encore atteint le niveau jugé nécessaire des normes européennes requises pour sa bonne intégration. Elle pourra également empêcher un éventuel « relâchement » en matière budgétaire. Ce scénario est politiquement « impartial » dans la mesure où il n’accorde un avantage déterminant à aucun candidat au cours de la campagne des élections présidentielles. Au contraire, il permet de focaliser le débat politique de la campagne présidentielle sur les vrais problèmes concrets du moment et leur solution.

Le troisième scénario – le report au 1er janvier 2008 – serait profondément injuste pour la Bulgarie. Quels que soient les aléas de sa vie politique depuis quinze ans - et les critiques que l’on peut émettre à l’égard de ses dirigeants successifs - les Bulgares, quant à eux, ont fournis un effort considérable, difficile et souvent douloureux, qui mérite que l’on ne s’arrête pas à une vision purement technocratique et comptable de la capacité du pays à rejoindre l’espace de paix et de prospérité auquel ils aspirent.

Une telle décision serait, de plus, parfaitement contre-productive pour l’Europe et les idéaux qu’elle propose à tous ses habitants. Ses adversaires en Bulgarie – les plus radicaux et les plus extrémistes - seraient même largement avantagés par une décision de report d’un an en pouvant avoir recours à l’argumentaire qu’ils ont commencé à utiliser sur l’égoïsme et l’ingratitude des Occidentaux, le mépris dans lequel les Européens tiennent les peuples des Balkans en général et le peuple bulgare en particulier, etc., etc.

 

            Comme on a essayé de le montrer au travers de ces quelques pages, la future élection présidentielle bulgare de l’automne 2006 est loin d’être jouée d’avance. Toute élection d’ailleurs, quand elle est démocratique, réserve quelques surprises et la certitude apparente des sondages masque souvent des situations complexes. La Bulgarie ne fait pas exception à cette règle, elle l’illustre au contraire.

            La décision que l’Union européenne va prendre à l’égard de la Bulgarie doit être la plus neutre vis-à-vis des partis politiques qui vont entrer en campagne et la plus favorable vis-à-vis de la population bulgare. La pire des solutions serait qu’elle apparaisse comme politiquement sectaire et humainement injuste.

 

 


 

[1] Gueorgui Sedefchov Parvanov est né le 28 juin 1957 dans le village de Sirichtnick près de la ville de Pernik (Sud-Ouest de la Bulgarie). Candidat du parti socialiste à la présidence de la République, il est élu le 18 novembre 2001, au second tour du scrutin, avec 54, 13 % des suffrages exprimés.

[2] Dimitar Blagoev, (1856-1924), initiateur du mouvement socialiste bulgare.

[5] Comme l’énonce l’article 95, alinéa 2, de la constitution.

[6] Le BSP (Balgarska Socialistitcheska Partia) est devenu, à partir d’avril 1990, le parti successeur du parti communiste bulgare (BKP).

[7] Le DPS (Dvijenie za Prava i Svobodi) a été créé - avant la chute du régime communiste de T. Jivkov - par son actuel leader, A. Dogan.

[8] Le NDSV (Nationalno Dvijenie Simeon Vtori/Mouvement national Siméon II) a été créé en avril 2001 par l’ancien monarque de Bulgarie, Siméon II.

[9] A titre de comparaison, on rappelle qu’aux élections législatives du 25 juin 2005, le BSP a obtenu 33, 98 % des voix (82 sièges), le NDSV, 21, 83 % (53 sièges) et le DPS, 14, 07 % (34 sièges).

[10] ODS (Obedineni demokratitchni sili), Forces démocratiques unies qui comprend principalement le SDS, l’Union des forces démocratiques.

[11] DSB (Demokrati za Silna Balgaria), Démocrates pour une Bulgarie forte.

[12] L’ODS faisait 8, 44 % des voix (20 sièges) et le DSB 7, 04 % (17 sièges) en juin 2005.

[13] Le Rassemblement national Ataka (Nacionalen Sayuz Ataka) a obtenu 8, 93 % des voix  (21 sièges) aux élections de juin 2005.

[14] Le 15 mars 2006, une député de ce mouvement a démissionné du groupe parlementaire pour protester contre la proposition de loi de nationalisation d’entreprises déposée par Ataka. Cette nouvelle défection fait suite à plusieurs autres à l’automne 2005. De plus, l’un des députés Ataka a récemment été accusé de pédophilie et exclu du parti. Le groupe parlementaire ne compte plus désormais que 14 députés.

[15] Ainsi la vente de plusieurs compagnies d’électricité a rapporté plus d’un milliard d’euros et la cession de 65 % de la compagnie de télécommunication (BTK) à la société autrichienne Viva Ventures a rapporté 238 millions d’euros.

[16] Ce fut le cas de l’entreprise d’Etat des Tabacs, Bulgartabak (voir notre article sur : http://www.colisee.org/article.php?id_article=1757 )

[17] Ce fut le cas en matière de douanes avec la société « Crown agent » en 2001 et surtout en 2005 avec la concession, critiquée par l’UE, de l’autoroute Trakia à un consortium bulgaro-portugais. Cette dernière affaire, largement exploitée sur le plan politique à travers des rumeurs, a contribué au discrédit du gouvernement de Siméon II avant les dernières élections.

[18] Ce qui ne veut pas dire qu’elle est « criminelle », évidemment.

[19] Pour certains économistes, parmi les plus sérieux, la notion de « niveau de vie » en Bulgarie (et le cliché de sa « chute ») sont désormais à relativiser. En effet, la dynamique des huit dernières années est tangible, bien que difficilement reconnue dans les enquêtes. Selon eux, le cliché doit être modulé par deux observations au moins : 1) l’économie souterraine fait vivre désormais des couches importantes de la population ; 2) la qualité et la progression du « niveau de vie » ne sont pas comparables avec les paramètres d’avant 1989. Il n’en demeure pas moins vrai qu’une grande partie de l’opinion publique bulgare – à tort ou à raison – croit toujours que l’on vivait mieux avant !

[20] On constate, malheureusement, ces derniers mois (+ 3 % pour le seul mois de février 2006) une augmentation de l’inflation qui pourrait atteindre, selon certaines sources, entre 7 et 9 % pour l’année 2006.

[21] Qui a attisé, lorsqu’il était Secrétaire général du ministère de l’Intérieur, certaines polémiques stériles par des phrases du genre « la police attrape les criminels, la justice les relâche »

[22] Voir notre article (avec S. Stoeva) « La transformation des élites politiques et administratives en Bulgarie post-communiste depuis 1990 : mythe ou réalité ? » in Jahrbuch für Europäische Verwaltungsgeschichte, 2005, 17, p. 223-242.

[23] Voir notre article (avec S. Sodev) « les enjeux de la réforme du système judiciaire en Bulgarie », Revue internationale des sciences administratives, 2006, 4, p. 631-645.

[24] Commissaire européen en charge de l’élargissement.

[25] La Roumanie a manifestement mieux entendu le message que la Bulgarie puisque l’ancien Premier ministre socialiste, A. Nastase, vient d’être contraint à la démission de son poste de président de l’Assemblée pour une affaire d’enrichissement personnel !

[26] Voir l’article 11, alinéa 4 de la constitution.

[27] Voir l’article 93, alinéa 2 de la constitution et la décision de la cour constitutionnelle n° 3 du 8 février 2001, A.C. n° 16/2000.

[28] Voir notre article « Sociologie électorale d’Ataka, nouveau parti dans l’arène politique bulgare » sur : http://www.colisee.org/article.php?id_article=1935

[29] En 2000, alors qu’il est au journal « Monitor », il aurait reçu un prix de journalisme décerné par l’Union des journalistes bulgares.

[30] Sur cet aspect des choses, étonnant à bien des égards, on peut lire l’interview de Yordan Vasiliev, l’ancien directeur de « Democratsia » sur : www.standartnews.com/archive/2005/08/17/english/interview/index.htm

[31] En 2002, V. Siderov écrit un livre, «  Le boomerang du mal » qui fait l’apologie du racisme et de l’anti-sémitisme.

[32] G. Gantchev a été le candidat populiste des années 1990 en Bulgarie. Ancien escrimeur, il est candidat aux élections présidentielles de 1992 où il obtient 16, 77 % des voix, de 1996 où il progresse à  21, 87 % et de 2001 où il retombe à 3, 36 %. En 1991, il fonde un mouvement politique, le BBB (Bizness blok bulgare) qui remporte 1, 3 % des voix (aucun siège) puis 4, 7 % en 1994 (13 sièges) et 4, 9 % en 1997 (12 sièges).

[33] Voir notre article « Ataka, décryptage d’un radicalisme à la bulgare » (en deux parties) sur : http://newropeans-magazine.org/index.php?option=com_content&task=view&id=2685&Itemid=86

[34] Le président I. Iliescu avait gagné les élections avec 66, 83 % des suffrages exprimés contre 33, 17 % à son concurrent.

[35] Boïko Metodiev Borisov est né le 13 juin 1959 à Bankia près de Sofia. Il est diplômé de l’Ecole supérieure du ministère de l’Intérieur en 1982, spécialité : Prévention et lutte contre les incendies. De 1985 à 1990 il poursuit ses études dans la même structure, devenue l’Académie de police, dans laquelle il soutient un mémoire sur « l’entraînement psychologique et physique au sein du commandement opérationnel ». Il est ensuite « chef de département » dans cette Académie. En 1990, il quitte le ministère avec le grade de « major ». En 1991, il crée la société de sécurité « Ipon 1 ». Il est 5e Dan de karaté et a participé à de nombreux tournois à partir de 1978. Il a été entraîneur de l’équipe nationale de cette spécialité. Divorcé, il a une fille.

[36] Il y a quelques années, une certaine presse a élu le général Borisov, homme le plus « sexy » de l’année.

[37] Candidat « indépendant », B. Borisov a été élu maire de la capitale bulgare le 6 novembre 2005 au second tour du scrutin, avec 68, 5 % des suffrages exprimés (223.577 voix) contre 31, 5 % à la socialiste T. Dontcheva. La participation s’est élevée à seulement 30, 41 % (326.381 suffrages valides). Cette élection a été organisée pour poursuivre jusqu’à son terme normal le mandat de l’ancien maire démissionnaire, c’est-à-dire 1 an et ½ environ.

[38] Dans la mesure où le cumul des mandats n’est pas autorisé, le maire de Sofia a du donner sa démission après avoir été élu au parlement.

[39] Selon les analystes, il aurait obtenu environ 78 % des voix des électeurs du NDSV, 89 % des voix de l’ODS et 70 % des voix du DSB.

[40] Lénine disait : « Le communisme, c’est les soviets plus l’électricité » !


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