22 октомври 2017г.

Ден на заекващите. Ден на Папа Йоан Павел II за католиците Годишнини - Майн Рид, Зл. Бояджиев

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Les Balkan Orientaux

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par
Javor BOJADJIEV, Todor DIMOV et Henrietta TODOROVA

BASES CHRONOLOGIQUES


Les datations du Néolithique à céramique ancien et de la culture de Protosesklo en Grèce permettent de suivre les plus anciennes étapes du Néolithique balkanique. Le Néolithique à céramique ancien se développe entre 7600/7500 B.P. et 7400/7300 B.P., la culture de Protosesklo entre 7400/7300 et 7200/7100 B.P.. Dans l'échelle des dates calibrées, il s'agit respectivement de la période datée entre 6500/6400 et 6250/6000 cal. B.C.. Pour cette étape, en Bulgarie, nous ne disposons que de la série des datations de Poljanica-plateau, une localité qui représente le Néolithique à céramique ancien.

Les plus anciennes datations de Karanovo I et de la culture à céramique peinte ouest-bulgare correspondent aux datations des cultures d'Anzabegovo-Vrënik I et de Starcevo I dans la zone centrale des Balkans. Ces dates se concentrent entre 7200 et 7100 B.P. (voir les datations d'Anzabegovo I a,b, Cavdar couche VI, Grivac). Elles correspondent à la fin de la culture de Protosesklo. Le début des cultures à céramique peinte en blanc de Bulgarie et de l'ex-Yougoslavie coïncide au plus tôt avec la 2e moitié de la culture de Protosesklo.

Ces datations supportent ainsi la thèse d'une dérive anatolienne du Néolithique balkanique et d'une progression du nouveau peuplement à travers les vallées de la Struma, du Vardar et de la Morava. En effet, le plus ancien Néolithique sud-balkanique est contemporain du Mésolithique dans le bassin du Danube inférieur et à l'est des Carpates. Le début du Néolithique dans cette zone est encore plus récent, soit de quelque 300/400 ans par rapport au Néolithique balkanique.

Le Néolithique ancien dans la partie orientale des Balkans couvre la période qui va de 7400 à 6300 B.P.. Ce sont les cultures du grand complexe Starcevo-Cris-Karanovo I qui se développent au cours de cette période et qui comporte trois groupes de dates :

1) première concentration : entre 7250 et 6950 B.P. (par exemple les dates de Lepenski Vir, couches la-c ; Anzabegovo I; Cavdar, couche IV-VI; Otzaki). Dans cette période, les entités suivantes se sont développées : fin de la culture de Protosesklo, début des cultures d'Ovcarovo, Karanovo I, culture de la céramique peinte ouest-bulgare, Anzabegovo-Vrsnik, Starcevo. En chronologie calibrée, les dates se placent entre 6150/6100 et 5800/5750 B.C.;

2) deuxième concentration : entre 6950 et 6650 B.P.. Dans cette période les cultures mentionnées ont continué leur évolution, notamment : culture de Karanovo I (datations de Stara Zagora-Hôpitai, couche II; Tell Azmak, couche 1,1-1,3; Cavdar, couches ll-lll), début de la culture de Karanovo II (datations de Stara Zagora-Hôpital, couche I), culture de Anzabegovo-Vränik II et III (datations des sites éponymes), culture de Starcevo ll-lll (dates de Divostin, Lepenski Vir, couche I d, e). En même temps en Grèce a évolué la première moitié de la culture de Sesklo. Calibrées, ces dates se placent entre 5800/5750 et 5650/5600 cal. B.C.;

3) la fin du Néolithique ancien tombe entre 6650 et 6350 B.P.. Nous disposons de datations pour les sites de Karanovo, couche II, Kremenik, couches IV-II, Ovcarovo-Gorata et Ovcarovo-plateau I, Anzabegovo III, Lepenski Vir II, Obre I, Sesklo). On observe dans cette période certaines discordances entre les dates et les séquences stratigraphiques. Ces discordances s'expliquent peut-être par les nombreuses oscillations de la courbe de calibration pour la période en question, notamment entre 5650/5600 et 5500/5450 cal. B.C.. A cause de ces discordances, il est parfois difficile de bien tracer la limite entre les Néolithiques ancien et moyen.

Le Néolithique moyen commence avec la culture d'Usoe en Bulgarie nord-orientale, et l'émergence de la culture de Veselinovo (Karanovo III) dans la plaine de Thrace, plus quelques entités locales moins bien définies dans l'est (Samovodene) et dans le nord-ouest de la Bulgarie (Gradesnica-Lukanovo Dârvo). Les datations 14C pour cette période sont peu nombreuses. Elles se placent entre 6450 et 6200 B.P.. C'est toujours une période caractérisée par de fortes anomalies dans la courbe de calibration, surtout entre 5500 et 5400 cal. B.C., là où se place le début du Néolithique moyen. Pour les étapes évoluées du Néolithique moyen, nous disposons de datations plus cohérentes (Ezero, couche XXIV; Kazanläk, couches III et IV; Karanovo, couche III) dans l'intervalle 5450-5200 cal. B.C.. Cela se confirme par les datations TL pour la couche I de Sitagroi en Grèce (5263-5250 cal. B.C.) qui, d'après la céramique, correspond au Néolithique moyen de l'est des Balkans. Les cultures du Néolithique moyen se développent donc entre 545Q/5400 et 5250/5000 B.C..

Les dates pour le Néolithique récent se placent dans l'intervalle 6250-5950 B.P.. Elles forment deux groupes : le premier entre 6200 et 6100 (par exemple : les dates de Kacica en Bulgarie du nord et Anzabegovo et Predionica en ex-Yougoslavie). Ceci correspond aux dates calibrées 5250/5200 et 5000 B.C.. Le deuxième groupe est concentré entre 6050 et 5950 B.P. (par exemple : les dates de Kremenica, Strumsko et Bâlgarcevo en Bulgarie, Sitagroi, couche II en Grèce); ce qui correspond en chronologie calibrée à une période comprise entre 5000 et 4900/4800 cal. B.C..

La chronologie de l'Enéolithique présente plusieurs difficultés à cause d'une anomalie dans la répartition des datations 14C comme le montrent les séquences de grands tells bulgares (Azmak, Ovcarovo, Goljamo Delcevo) et roumains (Câscioarele). On peut dire que les dates de la fin de l'Enéolithique ancien et de l'Enéolithique moyen montrent généralement une tendance à devenir plus anciennes, égales aux dates du Néolithique récent. Dans la seconde moitié de l'Enéolithique, cette discordance disparaît et les dates sont conformes aux séquences stratigraphiques. Le meilleur exemple de ces tendances est fourni par la culture de Kodzadermen-Karanovo VI : les dates de la première et de la deuxième phase de cette culture se placent entre 5900 et 5850 B.P.. Par contre, pour la deuxième moitié et la fin de cette culture, nous disposons de datations beaucoup plus récentes : entre 5500 et 5400 (voir la couche XII d'Ovcarovo, la couche IX de Goljamo Delcevo et Smjadovo, couche V). Les mêmes tendances sont observées dans la chronologie des autres cultures énéolithiques de l'Europe centrale, par exemple de Vinca С et D, Butmir, Tisza et Lengyel. Les datations de Vinca D sont toujours d'environ 100 ans plus anciennes que celles de Vinca C.

Compte tenu de ces anomalies, nous pouvons donc synchroniser les cultures de l'Enéolithique ancien de l'est des Balkans (cultures de la Marica l-lll, Sava l-lll, Poljanica l-lll et première moitié de la culture de Gradeénica) avec les cultures de Vinca С et première moitié de la culture de la Tisza dans le bassin du Danube moyen, et les cultures de l'Enéolithique moyen et du début de l'Enéolithique récent avec la culture de Vinca D et la deuxième moitié de la culture de la Tisza.

Nous pouvons donc proposer la séquence suivante pour les cultures de l'Enéolithique des Balkans orientaux :

1) Enéolithique ancien (4900/4800 - 4600/4550 cal. B.C.) : cultures de Sava (phases l-lll), Poljanica (phases l-lll), Marica (phases l-lll), Dikili Tash-Slatino et Gradeénica (première moitié), Hamangia (phases lll-IV). La limite inférieure de la période est établie par rapport à la chronologie du Néolithique final car les dates plus récentes ont subi l'influence de l'anomalie dans la chronologie 14C;

2) Enéolithique moyen (4600/4550 - 4450/4400 cal. B.C.). Cette période comprend la culture de Sava (phase IV), de Poljanica (phase IV), de la Marica (phase IV), deuxième moitié de la culture de Gradesnica. Les cultures en question pourront être mises en parallèle avec Boian-Span{ov, Précucuteni III en Roumanie et Vinöa D en Serbie. Les dates du début de cette période sont plus anciennes (elles s'approchent même de la fin du Néolithique). Par contre, pour la fin de cette période, elles se placent autour de 5650 B.P.;

3) Enéolithique tardif : la durée de cette période est différente dans les diverses zones géographiques. Dans le sud-est de la Bulgarie, en Thrace et sur le littoral de la Mer Noire, où se sont développées les cultures de Kodzadermen-Karanovo VI et de Varna, le début de l'Enéolithique tardif se place autour de 4450/4400 cal. B.C.. Pour la Bulgarie occidentale, cette datation nous paraît trop tardive, puisque à la première phase de la culture de Kodzadermen-Karanovo VI, correspond la transition entre la culture de Gradesnica et celle de Krivodol (Sälcut^a-Bubanj-Hum). Avec la fin de la première phase de la culture de Kodzadermen-Karanovo VI, il faut synchroniser la fin de différentes cultures plus septentrionales de l'Enéolithique ancien et moyen comme Précucuteni, Vinca D, Tisza etc..

Les dates conventionnelles de la culture de Kodzadermen-Karanovo VI et celles de la culture de Varna se groupent entre 5750 et 5550 B.P.; pour la fin de ces cultures la date serait autour de 5500 B.P., donc environ 4100/4050 cal. B.C. Néanmoins, il faut souligner qu'en Bulgarie méridionale la culture de Kodzadermen-Karanovo VI a continué son développement jusqu'à 4050-3950 cal. B.C..

En Bulgarie occidentale, les datations de la deuxième moitié de la culture de Krivodol I (et Sàlcuîa-Bubanj-Hum la) se situent entre 5500 et 5200 B.P., donc bien après la fin de la culture de Kodzadermen-Karanovo VI, soit entre 3900 et 3800 cal. B.C. selon la chronologie calibrée.

La plus longue durée de culture enéolithique a été observée dans les Rhodopes où elle termine son développement entre 5250 et 5000 B.P., soit entre 3800 et 3700 cal. B.C..

Période de transition. L'étude scientifique des cultures de la période de transition entre l'Enéolithique et l'Age du Bronze est encore insuffisante. Les dates 14C pour la fin de l'Enéolithique et le début de l'Age du Bronze, différentes pour chaque région géographique, déterminent les limites chronologiques. Actuellement on a des dates pour trois sites (Ovcarovo-plateau, Hotnica-Vodopada et Haramijska dupka) et elles confirment la datation de la période de transition vers les deuxième et troisième quarts du IVe millénaire B.C..

 


DESCRIPTION DES CULTURES


NEOLITHIQUE ANCIEN
CULTURE DE KARANOVO I ET II (pl. 1)

DATATION. Fin Vile, début Vie millénaire B.C. (2e moitié Vie mill. b.c.).

EXTENSION GEOGRAPHIQUE. Thrace, vallée de la Marica. Cette entité a été distinguée par V. Mikov en 1957. Elle est connue sur de grands tells de la plaine de Thrace : Karanovo, région de Nova Zagora, Azmak, région de Stara Zagora, Kazanläk et Rakitovo, région de Pazardjik, de Kàrdjali et de Plovdiv-Jassa Tepe et autres. Les couches de l'entité en question sont à la base de séquences stratigraphiques, fréquemment sous le niveau de la nappe phréatique et donc difficilement accessibles.

INDUSTRIE LITHIQUE. Les outils polis, surtout des herminettes, sont faits de schiste et d'amphibolite. L'industrie de pierre taillée est représentée par de longues lames faites en silex importé de Bulgarie septentrionale et orientale. Ces grandes lames servaient aussi comme armatures de faucilles; le manche était en bois de cervidé. On trouve des bolas, mais l'arc et les flèches ne sont pas connus.

PLASTIQUE. Dans les sites de cette culture les statuettes en argile et en marbre sont connues. Elles sont surtout féminines. Il y a fréquemment des statuettes avec mains levées en signe d'adoration. Les statuettes féminines ont une stéatopygie assez marquée. Nous connaissons également des idoles zoomorphes ainsi que des vases zoomorphes et anthropomorphes et des autels en céramique ornés d'un décor incisé. On trouve aussi des modèles de four et de maisons en argile.

ECONOMIE. L'économie est surtout basée sur l'agriculture et l'élevage. La chasse joue un rôle moins important; il n'y a que 30% d'animaux chassés. La cueillette joue aussi un certain rôle.

NECROPOLES. A Azmak on a découvert les sépultures d'enfants sous les planchers des maisons. Par contre, à Kazanlâk, à Popina et à Kàrdjali on connaît des sépultures extérieures aux habitats mais toujours à l'intérieur du site.

HABITAT. Construit avec un plan prédéterminé. Les maisons suivent des rues rectilignes. Les maisons ont été construites sur un plan quadrangulaire avec un four à une extrémité et une salle de séjour. Les parois sont faites d'une rangée de poteaux réunis par du clayonnage recouvert d'argile. A Karanovo il y a aussi des traces de parois construites entièrement en argile. Les fours sont quadrangulaires avec une coupole.

STADES. - Phase 1A : céramique rouge, fine; 10% des tessons portent un décor à la peinture blanche exécuté après cuisson, sur la surface polie. La céramique grossière porte des ornements à la barbotine ou en relief. Parmi les décors peints, nous observons des décors linéaires, des triangles et des guirlandes;

- phase 1B : aux figures déjà mentionnées s'ajoute une figure en spirale également peinte en blanc. Le nombre des tessons peints augmente;

- phase 2A : la céramique peinte disparaît; la céramique grise et gris-brun monochrome est plus abondante. Cette céramique est ornée de cannelures peu profondes. Les bandes semi-circulaires et les triangles sont les décors les plus fréquents. Sur les vases globulaires apparaissent les premières anses. Les idoles aux cous très longs et cylindriques sont ornées de décors incisés. Au cours de cette phase apparaît pour la première fois la trace d'une maison à deux étages, découverte près de l'hôpital régional à Stara Zagora;

- phase 2B : la céramique cannelée devient plus abondante que la céramique monochrome gris-noir. Parmi la céramique grossière nous observons la présence de vases plus bas, ornés de traits obliques imprimés et de bandes en relief;

- phase 2/3 : dans les tells de Kazanlâk, G. Georgiev a remarqué la présence d'une phase finale de cette culture qui présente un caractère de transition entre cette culture et la culture du Néolithique moyen-Karanovo III.

 

CULTURE DE LA CERAMIQUE PEINTE OUEST-BULGARE
(= culture de Cavdar-Kremikovci)

DATATION. Fin Vile - début Vie millénaire B.C..

EXTENSION GEOGRAPHIQUE. Bulgarie du nord-ouest, bassin de la Struma moyen et supérieur, plaine de Pirdop et de Sofia. Cette entité a été reconnue par J. Gaul en 1939. Les sites les plus importants sont Kremikovci, Slatino et Kurilo (région de Sofia), Gradesnica-Lukanovo Dârvo (région de Vraca), Gàlàbnik et Krainici (région de Pernik), Cavdar (région de Pirdop), Pernik KMZ et Katunci (région de Blagoevgrad).

INDUSTRIE LITHIQUE. L'industrie en pierre polie est surtout en amphibolite. Pour l'industrie en pierre taillée, généralement laminaire mais aussi sur éclat, on utilisait le silex local et le silex importé du nord-ouest de la Bulgarie. Notons surtout la présence et le rôle important de l'industrie en quartz et en quartzite.

INDUSTRIE OSSEUSE. On connaît des cuillères, des poinçons, des aiguilles et quelques objets de parure. Les objets en test de spondyle sont très rares .

PLASTIQUE. Le modelage en argile est très développé. Les statuettes en marbre sont plutôt rares. Il existe plusieurs vases anthropomorphes et zoomorphes, ainsi que des autels à décor incisé.

ECONOMIE. Agriculture et élevage : on note l'importance du gros bétail. Très peu de traces de chasse. La cueillette n'a pas joué un rôle important.

NECROPOLES. Seule Gradesnica a livré deux sépultures à l'intérieur du site.

SITES. Les sites sur les plateaux (1 à 3 explorés jusqu'à présent) sont fréquemment transformés en tells, toujours situés près de terrains inondables.

HABITAT. A Gâlàbnik, la base des couches d'habitation se trouve actuellement sous le niveau de la nappe phréatique. On trouve également des cabanes et des maisons sur les sols d'habitat. Les maisons à poteaux se trouvent généralement dans la partie centrale des sites. Ces constructions centrales ont été bien étudiées dans le site Slatino à Sofia. Dans la partie centrale de ce site se trouve une maison rectangulaire à deux étages dont les parois ont été construites en clayonnage. Cette maison a subsisté pendant un demi siècle. Elle a ensuite subi un incendie important. On observe que la partie centrale a été transformée par l'accumulation de couches culturelles formant un tell. Par contre, les régions périphériques, quelques fois très étendues, affectent la forme d'un site de plein air au niveau de la terrasse. A l'intérieur de la maison, on observe la présence d'un four avec une élévation, probablement couverte de vannerie ainsi que de grands vases qui servaient à conserver le grain. Aucune trace de fortification n'a été observée.

STADES. Dans le développement de cette culture on peut distinguer plusieurs phases :

- phase 1 : céramique monochrome;

- phase 2 : céramique peinte en blanc;

- phase 3 : céramique peinte en rouge; il existe en même temps dans la céramique grossière une surface peignée;

- phase 4 ; céramique peinte en noir;

- phase 5 : céramique bichrome noire et rouge;

- phase 6 : céramique polychrome.

Dans le développement de cette entité, la céramique grossière est beaucoup plus conservatrice que la céramique fine et change peu. Elle est caractérisée par un décor à la barbotine ou imprimé. Le décor imprimé apparaît généralement dans la phase récente. La technique de la céramique fine est très développée. On observe aussi de la céramique dont la surface est couverte d'un engobe rouge ou jaune.

 

CULTURE DOVCAROVO (fig. 1)

 

DATATION. Début Vie millénaire B.C..

EXTENSION GEOGRAPHIQUE. Nord-est de la Bulgarie ( sauf le littoral de la Mer Noire). Les sites les plus importants sont ; Ovcarovo-Gorata, Ovcarovo-plateau (région de Tàrgoviste), Samovodene (région de Veliko Tärnovo). Cette culture a été distinguée par H.Todorova en 1971.

INDUSTRIE LITHIQUE. Les pièces polies sont en amphibolite. L'industrie lithique est laminaire, mais les éclats jouent aussi un certain rôle. Le silex est gris et d'origine locale. Dans la phase ancienne de cette entité, on observe la présence de trapèzes. Il existe aussi des manches de faucille en corne de bovidé.

INDUSTRIE OSSEUSE. L'industrie en os est représentée surtout par des cuillères et des spatules.

PLASTIQUE. Les objets d'art sont surtout représentés par des statuettes féminines très schématiques à tête cylindrique. Les statuettes sont assises ou debout. On observe l'hypertrophie des cuisses et des hanches. Quelques statuettes sont ornées de cannelures.

ECONOMIE. Agriculture et élevage. Peu d'importance de la chasse et de la cueillette.

NECROPOLES. A Samovodene, des sépultures ont été découvertes à l'intérieur du site; les squelettes sont en position repliée sur le côté gauche.

SITES. Ces sites comportent une ou trois couches sur la terrasse ou sur le plateau. Un seul vrai tell a été reconnu (Samovodene).

HABITAT. Au début du développement de la culture d'Ovcarovo, on connaît surtout des cabanes enfoncées dans la terre. Avec le développement de cette culture on observe l'apparition des maisons construites au niveau du sol d'habitat. Les ruines de ces maisons forment quelquefois des couches qui donnent au site Γ aspect d'un tell. On observe un plan de site. A Ovcarovo, les rues se coupent à angle droit. Quelquefois la partie centrale du site est occupée par une grande maison (Samovodene). A l'intérieur des maisons on trouve des fours, des banquettes en argile et des vases-silos ensevelis dans la terre.

Les premières fortifications apparaissent. Au sud, le site de Samovodene a été entouré dans sa partie occidentale par un fossé et une palissade.

STADES. Le développement est marqué par quatre phases :

- phase 1 : elle est caractérisée par la céramique monochrome. Les vases sont hémi-sphériques ou sphériques avec engobe rouge. Le décor imprimé est rare. L'argile est préparée avec un dégraissant végétal. Cette phase est caractérisée par une industrie lithique encore assez microlithique. L'économie est surtout basée sur la culture du Tnticum monococcum. Les datations 14C pour cette phase sont situées entre 5400/5300 B.P.;

- phase 2 : céramique avec peinture blanche très rare (Koprivec);

- phase 3 : elle est représentée par une céramique monochrome à surface bien lissée de couleur gris-rouge. Cette céramique est rarement ornée de cannelures peu profondes. La céramique grossière gris-brun est caractérisée parfois par un décor incisé, mais il existe aussi des décors imprimés et à la barbotine. Dans la céramique grossière dominent également des formes sphériques ou hémisphériques. On y trouve quelques formes à cols plus prononcés. Il existe aussi des tables en argile qui servaient d'autels. La céramique grossière contient beaucoup de dégraissant organique. La céramique présente certaines analogies avec Karanovo II, surtout en ce qui concerne la forme des vases. La peinture noire apparaît très rarement;

- phase 4 : les formes de la poterie ne changent pas, mais les pourcentages de la céramique cannelée augmentent. En même temps la céramique monochrome domine.

CULTURE DE CONEVO DATATION. Première moitié du Vie millénaire B.C..

EXTENSION GEOGRAPHIQUE. Littoral bulgare de la Mer Noire. Les principaux sites sont : Goljamo Delcevo I, Dälgopol, Conevo, Borjana (région de Varna).

INDUSTRIE LITHIQUE. Les galets de rivière sont utilisés comme matière première. L'industrie lithique est caractérisée par de petites lamelles obtenues à partir d'un matériel local de mauvaise qualité.

INDUSTRIE OSSEUSE. Spatules, cuillères et poinçons, peut-être même des flèches. Fragments de statuettes féminines.

ECONOMIE. Agriculture et élevage : ce dernier est surtout dominé par le bétail. La pêche et la cueillette jouent un certain rôle. Le Tnticum dicoccum et le Triticum compactum sont cultivés.

NECROPOLES. Les nécropoles et les sépultures ne sont pas connues.

SITES. Avec un seul niveau d'habitation sur les plateaux élevés du versant est des Balkans centraux (Stara Planina). Dans le cas de Goljamo Delôevo, il existe un hiatus entre le site plat du Néolithique ancien sur le plateau et le tell de formation plus récente.

HABITAT. La forme principale d'une structure d'habitat est une cabane. Celle-ci peut être profonde de 1,80 m. Elle est généralement ovale mais peut exister sous forme d'un plan ressemblant au chiffre 8. Dans les cabanes il y a des fours. Quelquefois à l'intérieur et sur le périmètre des cabanes, des traces de poteaux ont été conservées formant des structures coniques au-dessus de la cabane.

STADES. Deux phases ont été distinguées dans cette culture. Elles correspondent à la période Karanovo II :

- phase 3 : la céramique est grise, gris-noir ou brune. La surface est bien polie. Un dégraissant végétal est toujours présent. La céramique n'est pratiquement pas ornée. Quelques cannelures ont été observées. Les amphores sphériques, les vases cylindriques et quelques vases à profils plus marqués ont été discernés dans cette première phase de la culture de Conevo. Les vases ont fréquemment des anses ou des manches;

- phase 4 : on observe quelques éléments nouveaux dans la céramique. Notamment la présence d'une lèvre épaissie qu'on retrouve plus tard dans le Néolithique tardif de la même région.

Les phases 1 et 2 ne sont pas encore définies.

 

NEOLITHIQUE MOYEN ET RECENT CULTURE DE VESELINOVO
•  (= Karanovo III) (pl. 2:1-4)

 

DATATION. Milieu du Vie millénaire B.C..

EXTENSION GEOGRAPHIQUE. Thrace, bassins de la Marica et de la Tundza. Les sites importants sont : Veselinovo (région de Jambol), Karanovo III (région de Nova Zagora), Kazanlâk, Jassa Tepe (région de Plovdiv). Cette entité a été distinguée par V. Mikov en 1937.

CERAMIQUE. La céramique est surtout noire ou gris-noir. La surface est bien lissée et presque sans ornementation. Pour la première fois apparaissent des formes biconiques, mais avec un profil assez sinueux. Les bords sont épais et parfois un peu évasés. Il existe aussi des vases cylindriques munis d'anses. Les écuelles et les plats sont fréquemment caractérisés par un bord épaissi et parfois rentrant. Ces vases peuvent aussi posséder de petits pieds. La céramique grossière était ornée d'impressions. Les vases en forme de tonneau sont les plus caractéristiques de la céramique grossière.

INDUSTRIE LITHIQUE. L'industrie lithique est caractérisée par des haches à section ovale et par de grandes lames toujours réalisées en silex importé de Bulgarie septentrionale.

PLASTIQUE. La plastique anthropomorphe est connue, ainsi que les statuettes zoomorphes. Dans la plastique anthropomorphe on observe quelques tendances réalistes en ce qui concerne la formation du corps. Par contre, la tête et le visage sont complètement abstraits. On trouve quelquefois des têtes schématiques en forme de tête d'oiseau.

ECONOMIE. L'économie a conservé les caractères typiques du Néolithique ancien. Elle est productrice : agriculture et élevage sont complétés par la chasse et la cueillette.

SITES. Les couches de cette culture sont toujours ensevelies dans les séquences de tells.

HABITAT. Les maisons sont représentées par des constructions aux parois en clayonnage. Les sites sont construits sur un plan prédéterminé, mais on ne connaît pas de trace de fortifications. A l'intérieur des maisons, il y a un four appuyé aux parois. On discerne également une banquette en argile. Le mobilier trouvé à l'intérieur de la maison est groupé sur celle-ci.
NECROPOLES. Les sépultures ne sont pas connues.

STADES. La culture de Veselinovo est un phénomène assez court qui représente une transition entre le Néolithique ancien et le Néolithique récent de la Thrace.

 

Au Néolithique récent, s'était formé un grand complexe de Vinca, comportant, en dehors de la culture de Vinca, plusieurs complexes périphériques qui s'étendent entre les Balkans centraux et la Mer Noire. A ce grand complexe appartiennent les cultures de Kurilo, de Kalojanovec, de Hotnica, d'Usoe et quelques autres entités qui dépassent le territoire en question (Balkans de l'est). Parmi les entités qui élargissent la zone d'influence de ce grand complexe vers le sud se trouve la culture de Topolnica-Akropotamos.


CULTURE DE KURILO (pl. 2 : 6)

 

DATATION. Deuxième moitié du Vie millénaire B.C..

EXTENSION GEOGRAPHIQUE. Nord-ouest de la Bulgarie et plaine de Sofia (Sofijsko Pole). Les sites importants sont : Kurilo près de Sofia, Brenica I (région de Vraca), Aldomirovci (région de Sofia). Cette culture a été distinguée par H. Todorova en 1976.

PLASTIQUE. La plastique en terre cuite est bien connue ainsi que quelques idoles en marbre. Il est intéressant de noter que les statuettes anthropomorphes sont assez schématiques et que les têtes sont en forme de têtes d'oiseaux. Il existe aussi des vases anthropomorphes.

SITES. Grands sites de plein air sur les plateaux, terrasses fréquemment proches de terrains marécageux.

HABITAT. La structure des sites n'est pas homogène : il y a des endroits avec concentration de maisons et d'autres assez vides. Au centre, l'accumulation de couches culturelles conduit à la formation de tells, ce qui n'est pas le cas dans les zones périphériques. Les maisons sont en clayonnage. Quelques cabanes appartiennent peut-être à la phase ancienne. Les fortifications et les nécropoles ne sont pas connues. Il est intéressant de noter que tous ces sites ont été abandonnés à la fin du Néolithique récent. Il n'y a pas de données pour reconstruire l'économie de cette entité.

STADES. Trois phases de cette culture sont connues et correspondent aux phases A, B1 et B2 de la culture de Vinca. En général, la culture de Kurilo peut être considérée comme une variante orientale de celle-ci.


CULTURE DE KALOJANOVEC (pl. 2 : 5)

 

DATATION. Deuxième moitié du Vie millénaire B.C..

EXTENSION GEOGRAPHIQUE. Thrace (bassin de la Marica et de la Tundza). Les sites importants sont : Korten et Karanovo IV (région de Nova Zagora), Nova Zagora-Khlebozavod, Kalojanovec, Kirilovo (Stara Zagora), Karasura (région de Cirpan), Edirne (Turquie), etc.. Cette culture fut reconnue par G. Georgiev en 1959.

PLASTIQUE. La plastique en terre cuite est bien connue et très diversifiée. Nous connaissons des statuettes féminines, des statuettes qui représentent la partie supérieure du corps. Elles sont assez réalistes, mais il existe également des idoles cylindriques tout à fait schématiques. Il est intéressant de noter que dans ces cultures apparaissent les premières traces d'écriture sous la forme de pictogrammes tracés sur des statuettes ou sur des tablettes de terre cuite. Ces pictogrammes ou ces signes schématiques ont aussi été utilisés pour décorer la céramique.

SITES ET HABITAT. On distingue deux types de sites. Les grands sites de plusieurs hectares situés sur les plateaux et les petits sites, d'occupation limitée, construits sur les sommets de grands tells. Les sites du deuxième type appartiennent surtout à la phase récente. Ils sont construits sur des plans prédéterminés. Les maisons quadrangulaires ou rectangulaires sont alignées le long de rues. Les maisons sont construites en clayonnage. A l'intérieur de celles-ci, on distingue des fours et des banquettes en terre. Il est intéressant de noter que dans les sites à plusieurs niveaux d'habitation on n'observe pas de changement dans le plan des colonies. Les fortifications et les nécropoles ne sont pas connues. Pas de données pour connaître l'économie de cette culture.

STADES. La culture de Kalojanovec comprend trois phases de développement :

- phase 1 : la céramique évolue dans la ligne de celle de la culture de Veselinovo. Les formes biconiques et une surface noire, lisse en sont les attributs les plus caractéristiques. On observe la présence de quelques anses et de vases à lèvres épaisses et un peu évasés. La céramique grossière était ornée d'un décor imprimé ou en relief. On connaît également la présence de cannelures et de décors incisés, mais ces deux types ne sont pas très abondants;

- phase 2 : apparition du décor pointillé. Il y a aussi un décor cannelé, mais plus profond et un décor incisé rempli d'incrustations de pâte blanche. Un décor peint, de bandes rouges est fréquent sur des vases coniques et sur les pieds. Il existe aussi des amphores à col très haut. La céramique fine est fréquemment ornée de cannelures. Les impressions ont presque complètement disparu;

- phase 3 ; la troisième phase est représentée par une céramique richement cannelée mais il existe également un décor fait de fosses assez profondes. L'ornement incrusté est bien représenté. Il forme quelquefois des décors négatifs avec bandes ou spirales. Les décors peints en blanc apparaissent aussi et recouvrent parfois les cannelures. La céramique grossière est moins bien représentée et ne porte que des décors en relief.

 

CULTURE DE HOTNICA
(voir aussi culture de Dudesti, chap. V)

DATATION. Deuxième moitié du Vie millénaire B.C..

EXTENSION GEOGRAPHIQUE. Bulgarie centre-septentrionale. Les sites importants sont : Hotnica-Orlovska, Kacica, Samovodene (région de Veliko Tärnovo). Culture distinguée par E. Comsa en 1960.

ECONOMIE. Il manque des données pour caractériser l'économie de cette culture. Il est intéressant de noter que dans le mobilier on rencontre des autels de forme triangulaire, en argile cuite, couverts de signes incisés.

SITES ET HABITAT. Sites de plein air sur les plateaux aux alentours de points d'eau. A Samovodene, le site de la culture de Hotnica est recouvert d'un tell composé de couches du Néolithique moyen, mais qui s'étendent également autour de celui-ci. Certains sites sont entourés de fossés formant une enceinte. A l'intérieur se trouvent des cabanes semi-enterrées. La profondeur de certaines de ces maisons atteint 2 m. Elles sont généralement rectangulaires. A l'extérieur on trouve des fours à pain {îandir). Les distances entre les différentes maisons sont assez importantes. Il n'y a pas de plan prédéterminé comme dans les autres civilisations néolithiques en Bulgarie. Les cabanes semi-enterrées ont été recouvertes d'une construction en bois, en paille et en roseaux. Les empreintes de ce matériel se trouvent sur l'argile semi-cuite. On trouve également à l'intérieur de ces cabanes des lentilles cendreuses qui témoignent d'incendies. A Samovodene, plusieurs fours pour cuire la poterie ont été fouillés.

NECROPOLES. Les nécropoles n'ont pas été découvertes. Aucune sépulture n'est connue.

STADES. On peut distinguer trois phases de développement dans la culture de Hotnica

- phase 1 : ici domine la céramique noire et gris-noir inornée, à l'exception de quelques décors cannelés. Les formes de la poterie sont généralement biconiques et relativement basses. Les coupes et les écuelles ont le plus souvent des manches. Presque tous les vases sont caractérisés par un bord épais; l'ornementation est assez rare. On retrouve parfois des décors incisés;

- phase 2 : le décor est plus abondant. On observe des décors incisés ou des bandes incisées remplies de pointillés. On connaît également des motifs en méandres, présents surtout dans la partie inférieure de vases biconiques. Il existe aussi un décor incisé rempli d'incrustations blanches;

- phase 3 : la céramique devient encore plus décorée. On observe l'apparition de décors réservés, surtout des méandres. Les autels qu'on rencontre dans cette phase sont généralement richement décorés, en particulier de bandes pointillées.

 

CULTURE D'USOE (pl.3)

 

DATATION. Première moitié du Vie millénaire B.C..

EXTENSION GEOGRAPHIQUE. Nord-est de la Bulgarie, sur le littoral de la Mer Noire. Les sites principaux sont : Usoe près d'Asparuhovo, Borjana, Dälgopol (région de Varna), Draganovo et Podgorisca (région de Tàrgoviste). Culture distinguée par H. Todorova en 1971.

INDUSTRIE LITHIQUE. Les matières premières, surtout les,, silex, étaient ramassées aux environs du site. De ce silex on extrayait surtout des éclats, plus rarement des lames; seulement 12% d'outils taillés ont été préparés en silex jaune importé. On obtenait de ce silex des lames plus grandes. Parmi les outils en pierre polie, des haches à section ovale sont préparées en roche cristalline de couleur verdâtre.

PLASTIQUE. La plastique en argile cuite est bien représentée, mais de mauvaise qualité car elle est cuite à de très basses températures. Les statuettes féminines sont nombreuses, autant en position assise que debout. Les statuettes de forme cylindrique sont généralement très schématisées. Les statuettes zoomorphes sont également bien représentées. Les statuettes à décor incisé ne sont connues que dans la phase finale de cette culture.

ECONOMIE. Agriculture et élevage, mais 40% des ossements appartiennent à des animaux chassés. La cueillette et la pêche ont une certaine importance.

SITES ET HABITAT. Grandes colonies (3 à 5 ha) sur les plateaux. On observe les déplacements des colonies qui forment une base pour la stratigraphie horizontale. L'élément principal des structures d'habitat est une cabane enfoncée dans le sol ou semi-souterraine qui s'étend sur 80 m2 et contient plusieurs foyers. D'autres sont plus petites avec un seul foyer. Dans le premier type, habitaient de grandes familles, surtout pendant l'hiver; dans les autres vivaient des familles particulières en été. A Usoe, a été trouvée une très grande cabane occupant une position centrale. Elle contenait dans la partie septentrionale le crâne d'un taureau et un crâne humain. Seules quelques traces indiquaient au niveau d'habitation l'existence d'une maison détruite par l'incendie. Dans la phase finale de la culture d'Usoe, les cabanes deviennent régulières et plutôt rectangulaires. Les fortifications ne sont pas connues.

STADES. On distingue trois phases dans le développement de la culture d'Usoe :

- phase 1 : vases biconiques au profil plutôt sinueux. Cette céramique contient un dégraissant végétal en quantité assez importante. La céramique fine a une couleur gris-noir ou gris-brun. Généralement ce sont des vases inornés à l'exception de quelques cannelures dans la partie supérieure de la panse. On observe parfois une bande incisée avec quelques points. Les grands vases ont généralement des cols cylindriques assez hauts. La céramique grossière porte un décor imprimé;

- phase 2 : les vases biconiques ont un profil anguleux et les bords deviennent plus épais. La décoration devient plus abondante surtout quant aux cannelures. On observe aussi des ondes et ■ /des figures triangulaires. Dans la céramique grossière, le bord épaissi est généralement décoré d'incisions. Il y a aussi des figures en relief, surtout des bandes qui décorent les cols de pithoi; - phase 3 : on observe un changement important dans la technique de la production céramique. Les dégraissants organiques disparaissent presque totalement et sont remplacés par du sable. La céramique devient plus fine. Les formes sont surtout ovoïdes et coniques. Il existe aussi des vases à pied creux. Le décor se diversifie. On observe la présence de motifs imprimés surtout triangulaires, de motifs de sillon avec dépressions du décor incisé ainsi que de bosses avec de petites anfractuosités à l'extrémité. La continuation de la culture d'Usoe est bien visible dans la culture de Sava pendant l'Enéolithique.

 

CULTURE DE TOPOLNICA - AKROPOTAMOS

 

DATATION. Fin Vie millénaire B.C..

EXTENSION GEOGRAPHIQUE. Cours moyen et inférieur de la Struma (Bulgarie du sud-ouest et Grèce du nord). Les sites importants sont : Paradimi (région de Komotini), Akropotamos (région de Kavala - Grèce), Dikili Tash I et Sitagroi II (région de Drama - Grèce), Topolnica et Bâlgarcevo (région de Blagoevgrad - Bulgarie).

INDUSTRIE LITHIQUE. La production en pierre polie est représentée surtout par les haches et les herminettes à section ovale ou biconvexe. L'industrie en silex est basée sur des lamelles généralement microlithiques. Il faut noter la présence de plusieurs outils en quartz, matière première largement utilisée dans cette région.

PLASTIQUE. Les sculptures en terre cuite sont très répandues. Les statuettes féminines sont réalisées dans un style plus réaliste. Notons aussi la présence d'une statuette de femme qui porte un enfant dans les mains. La plastique zoomorphe est également connue. Des lampes en terre cuite portent généralement des décors incisés, fréquemment incrustés de pâte rouge ou blanche. Nous connaissons plusieurs pendentifs, probablement des amulettes en os et en test de spondyle.

ECONOMIE. Elle était basée sur l'agriculture et l'élevage. Jusqu'à 30% des ossements ont ceux d'animaux chassés. La pêche est également bien attestée.

NECROPOLES. Les sépultures ne sont pas connues.

SITES ET HABITAT. Les sites peuvent être plats avec deux ou trois niveaux d'occupation ou bien inclus dans des tells, dont ils forment généralement la base. Les sites sont souvent situés sur les basses terrasses non loin du cours d'eau. Les maisons sont rectangulaires, l'étage inférieur est quelquefois enfoncé jusqu'à 1,50 m. Par contre, l'étage supérieur se trouve au-dessus du niveau du sol. Le toit est plat et les parois ont été construites en poteaux. Ce toit plat sert aussi de surface de communication entre les maisons. A l'intérieur des maisons, il existe des foyers, des amas de galets qui ont été chauffés et qui servaient à faire bouillir l'eau. On trouve également des fours en fosse pour cuire le pain (tandirs) et des fosses-silos. A Topolnica, on a découvert une construction centrale qui servait de temple. Le culte est attesté dans cette construction par la présence d'une grande statue en terre cuite couverte d'un décor incisé. Dans la même construction on a découvert un four avec une structure spéciale qui permettait l'accumulation de la chaleur.

STADES. Nous pouvons distinguer deux phase de développement :

- phase 1 : la phase ancienne est caractérisée par une céramique assez hétérogène. Nous avons en premier lieu une céramique noire cannelée qui ressemble à celle de la culture de Vinôa, phase 2. Elle contient également une céramique du type black topped (à col noir). Cette céramique est particulièrement fine et décorée de cannelures. Il existe aussi une poterie fine de couleur rougeâtre et des poteries peintes au bitume. Les décors consistent en cercles et en zigzags. Enfin, il existe une poterie rougeâtre à décor noir, linéaire, fin (type d'Akropotamos). La céramique grossière est généralement grise, rougeâtre ou beige et inornée. Dans cette céramique on rencontre des vases sur pieds solides qu'on appelle vases du type de Paradimi; - phase 2 : la phase tardive est caractérisée par l'augmentation du nombre des pieds, anses ou manches du type de Paradimi. Nous avons aussi de la céramique conique et une céramique à surface claire et décor noir. Cette céramique ressemble à celle de la culture de Dimini. La culture de Topolnica - Akropotamos fait suite au développement de Paradimi et précède directement l'apparition de la culture de Dikili Tash-Slatino qui date du début de l'Enéolithique.

PASSAGE DU NEOLITHIQUE A L'ENEOLITHIQUE
La seule culture qui poursuive son développement à travers la fin du Néolithique et le début de l'Enéolithique est celle de Hamangia. Cette entité sort des limites des grands complexes continentaux du sud-est européen et se rapproche davantage des complexes littoraux de la Méditerranée. Cette position exceptionnelle nous a incité à présenter cette culture de façon globale dans le chapitre "Balkans Orientaux", bien que sa zone d'extension comprenne également la Dobroudja roumaine et le delta du Danube.


CULTURE DE HAMANGIA (pl. 4,5; figs 2-7)

 

DATATION. Deuxième moitié du Vie millénaire - première moitié du Ve millénaire B.C..

EXTENSION GEOGRAPHIQUE. Cette culture s'étend sur le littoral de la Mer Noire, entre le delta ;{ du Danube au nord et la ville de Burgas au sud. Il s'agit donc d'une culture typiquement littorale ; ne pénétrant pas à plus de 70-80 km à l'intérieur du continent. Les sites les plus importants sont : '■ en Roumanie, Baia Hamangia, Ceamurlia de Jos, Histria, Medgidia (grotte La Adam), Gura ~ Dobrodgei, Hîrsova, Cernavoda, Techirghiol, Mangalia; en Bulgarie : Durankulak, Sabla, Balcik, ;• Odärci, Draganovo, Cerna, Kragulevo (région de Dobric), Kableskovo et Luljakovo (région de Burgas). Cette culture a été mise en évidence par D. Berciu en 1952 lors des fouilles de Baia < Hamangia dans le nord de la Dobroudja, entre Medgidia et Babadag. j

CERAMIQUE. La culture de Hamangia se caractérise par une poterie richement décorée.

PLASTIQUE. On a retrouvé des objets de parure en spondyle ou en malachite, en marbre, en os et en d'autres matières. Il faut aussi attirer l'attention sur l'abondance de la sculpture. On connaît des statuettes féminines présentant des têtes stylisées ainsi que des statuettes assises, fortement géométrisées, montrant une stéatopygie bien marquée. Ces statuettes sont généralement ornées de cannelures et de pointillés formant des motifs géométriques assez * complexes. Certaines statuettes en marbre de la nécropole de Cernavoda (Roumanie) sont l
célèbres dans l'histoire de l'art où elles sont connues sous le nom de "penseur".

ECONOMIE. L'élevage et l'agriculture caractérisent essentiellement la culture de Hamangia. Parmi j les animaux domestiques, on trouve surtout des bovidés, puis des porcs et, en moindre quantité, г des capridés. Le rôle de la chasse est toujours très important. Parmi les animaux chassés, le cerf; élaphe occupe une position privilégiée, suivi du chevreuil puis du sanglier et de deux espèces d'équidés (le cheval sauvage et 'Equus hydruntinus danubiensis). On trouve également des; poissons, aussi bien de mer que d'eau douce. |

ASPECTS RITUELS. Jusqu'à présent, deux grands cimetières de la culture de Hamangia ont été': fouillés : un à Cernavoda et l'autre sur le littoral occidental du lac de Durankulak. Les cimetières; sont situés en dehors des sites d'habitat et occupent les sommets de petites collines à proximité; de ceux-ci. Ils sont birituels : les hommes sont ensevelis en position allongée et les femmes en'i position repliée. Dans la phase récente de la culture de Hamangia, les sépultures sont, recouvertes de pierres. Le mobilier funéraire n'est pas très abondant et ne témoigne pas éV; faveur d'une différenciation sociale. La seule sépulture plus riche trouvée dans le cimetière de;; Durankulak est la sépulture n°626. Le squelette était couvert de perles de malachite et de| spondyles. Dans la sépulture n° 751, deux crânes de bovidés ont été trouvés au-dessus du! squelette. Il existe également des sépultures symboliques ou cénotaphes. j

SITES. Ils ne présentent généralement qu'un seul niveau d'habitation et sont localisés sur les basses terrasses ou sur les plateaux. On les trouve fréquemment dans les endroits protégés des vents et proches des sources d'eau.
HABITAT. Les principaux types de constructions retrouvés consistent en cabanes ou maisons semi-enterrées dans les niveaux d'habitation. Les profondeurs de ces structures ne dépassent généralement pas 1 m à 1 m 40. Les parois sont édifiées à partir de poteaux réunis par du clayonnage et recouvertes d'une argile jaunâtre. A l'intérieur, on trouve des foyers. Des fours ont également été mis au jour mais seulement en surface et entre les cabanes.
Des observations intéressantes concernant l'architecture ont pu être faites sur le littoral du lac de Durankulak. Elles concernent la plus ancienne phase, dite phase de Blatnica. La cabane n°1 de ce site était subdivisée en deux parties par une paroi d'argile : d'une part, un couloir et d'autre part, une chambre à coucher. La cabane n°2 était entourée d'une paroi d'argile et surmontée d'un toit en branches et en roseaux. En outre, plusieurs phases de rénovation ont pu être observées dans ces cabanes.
Dans la phase enéolithique de la culture de Hamangia, on assiste à un changement de l'aspect des constructions. On observe notamment que les sites forment des tells et que les maisons, au niveau d'habitation, sont les constructions les plus répandues. L'existence de fortifications est également attestée pour cette période.
STADES. On peut distinguer cinq phases dans le développement de la culture de Hamangia. La phase la pius ancienne, attestée dans un site du littoral occidental du lac de Durankulak, est datée de 5645 ± 80 B.P.. Pour la troisième phase, nous avons une datation de 3930 ±70 B.C. provenant du site de Ceamurlia de Jos.
Pour la position chronologique de la culture de Hamangia, Dimitriu Berciu, dans les années 60, distinguait l'étape du Protohamangia qu'il voulait synchroniser avec les cultures de Karanovo-Cris-Starcevo du Néolithique ancien. Les recherches récentes n'ont pas confirmé cette supposition et le début de la culture de Hamangia ne peut pas être antérieur au Néolithique moyen et final. Le synchronisme entre la culture de Hamangia et les autres complexes du Néolithique final - surtout ceux liés à la culture de Vinca - a été bien établi.
- Phase 1 : phase de Blatnica, distinguée dans le site de Durankulak. La céramique est noire, bien polie, richement décorée, surtout de cannelures. On possède des vases biconiques et sphériques avec des cannelures dans la partie supérieure de la panse. Seule une petite partie de la céramique est couverte d'un décor incisé du type de "Bolintineanu". Dans la cabane n°2, à Durankulak, on a découvert un fragment de céramique dont l'anse rappelle la culture de Karanovo III. Ce contexte culturel situe bien la phase ancienne de la culture de Hamangia;
- phase 2 : phase de Baia Hamangia. La céramique de cette phase se caractérise par un décor pointillé formant des lignes droites ou des losanges hachurés. On a toujours des formes biconiques ou sphériques;
- phase 3 : phase de Ceamurlia de Jos. La céramique est toujours bien polie, à surface brun foncé et le décor pointillé prédomïne.Les motifs pointillés évoluent vers les spirales ou les bandes spiralées. On connaît également une ornementation incisée du type de "Giulesti" et une autre qui rappelle la culture de Sava, dans sa phase la plus ancienne dite Protosava. La datation14C confirme que cette phase doit être attribuée à une période initiale de l'Enéolithique;
- phase 4 : phase de Techirghiol. Les formes biconiques prédominent largement et cette céramique est ornée de triangles, de points et de différentes compositions de décors pointillés. Les grands vases à surface extérieure rouge bien polie ressemblent aux vases de la culture de Sava, surtout par l'ornementation incisée. Par contre, le décor des statuettes est surtout constitué de cannelures;
- phase 5 : phase de Varna. Cette phase se caractérise essentiellement par des changements dans l'architecture. Les cabanes sont remplacées par des maisons rectangulaires en poteaux construites au niveau du sol, quelquefois sur un soubassement en pierre. La pierre est aussi utilisée dans la construction des sépultures : soit elles sont entourées de pierres, soit certains squelettes sont couverts d'une couche de pierres. La céramique est représentée par des vases aux surfaces bien polies et de couleur rougeâtre. Le décor est imprimé et les cannelures sont plus fréquentes. La composition géométrique des motifs ornementaux persiste toujours mais les décors sont moins anguleux, plus arrondis. Les vases à pied creux sont bien répandus ainsi que les petites tablettes de forme quadrangulaire. Des traces de peinture au graphite ont été observées sur certains fragments de poterie.

ENEOLITHIQUE ANCIEN
Le territoire en question se subdivise en zone occidentale avec le complexe de Gradesnica - Dikili Tash - Slatino, qui fait suite aux complexes de Vinca avec une céramique grise, biconique au profil bien accentué. La zone orientale est celle de Boian - Poljanica - Marica - Sava, caractérisée par une.céramique incisée ou peinte, surtout en noir au graphite.
Les deux zones ont connu le début local de la métallurgie du cuivre. Dans la première zone, les mines de cuivre ont été découvertes à l'est de la Serbie, dans la zone orientale (mines d'Ai Bunar, à l'ouest de la Thrace).

COMPLEXE OCCIDENTAL CULTURE DE DIKILI TASH - SLATINO (pl. 6 : 1-8)


DATATION. Première moitié du Ve millénaire B.C..
EXTENSION GEOGRAPHIQUE. Vallée de la Struma et Grèce du nord-est. Sites importants : Slatino (région de Kustendil), Dren et l'enceinte de Krakra (région de Pernik), Topolnica III (région de Blagoevgrad), Sitagroi III (près de Drama - Grèce), Paradisos (vallée de la Mesta), Paradimi (région de Komotini - Grèce). Cette culture fut distinguée par H. Todorova et S. Tchohadjiev en 1984.
INDUSTRIE LITHIQUE. Les objets en pierre polie sont exécutés sur fragments de galets. Les haches sont généralement à section rectangulaire. L'industrie en silex est généralement très pauvre et remplacée plutôt par un outillage en quartz. Plusieurs vestiges témoignent de la métallurgie. Dans les sites de Slatino on a découvert plusieurs objets en cuivre, notamment une herminette, des poinçons et quelques autres fragments de petits objets en cuivre.
PLASTIQUE. La sculpture en terre cuite est bien représentée. Il y a des statuettes féminines à décor incisé, plusieurs statuettes assises stéatopyges et une plastique zoomorphe également assez abondante. On connaît également des vases anthropomorphes et zoomorphes.
ECONOMIE. Agriculture et élevage.
NECROPOLES. Les sépultures n'ont pas été découvertes.
SITES ET HABITAT. Différentes localisations des sites : parties de plateaux protégés naturellement, sites de terrasses ou de tells. Les maisons aux parois en argile dominent dans la phase récente tandis que la phase ancienne connaît presque exclusivement les cabanes semi-enterrées. A l'intérieur des maisons ou des cabanes se trouvent habituellement des fours. Ces constructions sont généralement subdivisées en plusieurs compartiments dont certains servaient de greniers, les autres d'étables. Les colonies sont construites le plus souvent sur un plan prédéterminé. Les fortifications ne sont pas connues.
STADES. - Phase 1 : céramique abondamment ornée de décors incisés. La céramique biconique a généralement le profil plutôt en S et la bosse est au milieu de la panse. L'incrustation blanche est connue, ainsi que des décors noirs au graphite, sur fond rouge ou beige. Notons aussi la présence d'une céramique noire à surface bien polie et cannelée, qui ressemble à la céramique de Vinca C1 ;
- phase 2 : la peinture au graphite devient très abondante, tandis que la céramique incisée se maintient. Les vases ont un profil anguleux. A la naissance de la panse, vers son milieu, il y a plusieurs bosses. Les goulots des vases sont parfois carrés. Une grande partie des poteries appartient au type de Galepsos;
- phase 3 : totalement dominée par la céramique peinte au graphite. Elle accompagne la céramique du type de Galepsos. On observe aussi des vases ornés de décors peints au graphite et de cannelures. La céramique grossière est peu représentée.

 

CULTURE DE GRADESNICA (pl. 6 : 9,10; 7)


DATATION. Première moitié du Ve millénaire B.C..
EXTENSION GEOGRAPHIQUE. Bulgarie du nord-ouest et Serbie orientale. Sites importants : Grotte Devetaskata (région de Lovec), Buhovo, Kurilo, Gorni Bogrov, Celopecane, Kremikovci (région de Sofia), Gradeénica (région de Vraca), Humska бика (région de Nis, Serbie). Culture distinguée par B. Nikolov en 1970. Un hiatus important sépare sur ce territoire le Néolithique récent de l'Enéolithique. Les sites énéolithiques sont situés très haut, sur les plateaux, mais toujours en connexion avec les terrains bien alimentés en eau.
INDUSTRIE LITHIQUE. L'outillage lithique est principalement réalisé en silex, aussi bien local et de mauvaise qualité, qu'en silex importé du nord de la Bulgarie.
METALLURGIE. Les objets en cuivre comportent des poinçons, des perçoirs et des objets de parure.
PLASTIQUE. La sculpture en terre cuite est bien connue. Nous avons 90% environ des statuettes féminines en position debout et 1Q% de statuettes assises. Les proportions du corps sont réalistes. Le geste d'adoration est connu. Par contre, les têtes sont schématisées. Les statuettes sont couvertes de riches décors incisés. Quelques détails indiquent probablement les vêtements.
ECONOMIE. Agriculture et élevage.
NECROPOLES. Les nécropoles ne sont pas connues.
HABITAT. Les maisons rectangulaires aux parois en clayonnage sont construites sur le sol d'habitat et sont munies de fours. Leur répartition dans l'habitat est irrégulière. Pas de trace de fortifications.
STADES. - Phase 1 : céramique grise et gris-brun. Les vases sont assez grands et présentent une surface polie. Le décor assez rare est fait de lignes incisées. Quelques décors incisés en spirales, en méandres et en losanges, quelquefois avec une fossette à l'intérieur. Parmi les formes céramiques, les vases assez hauts à profil sinueux dominent;
- phase 2 : les vases biconiques remplacent les vases à profil sinueux. On connaît également des coupes en forme de tonneaux et des vases zoomorphes. Les décors incisés très abondants apparaissent également. Les décors linéaires sont peints au graphite;
- phase 3 : l'ornementation devient encore plus abondante. On trouve de grands vases anthropomorphes. On. observe des relations entre la culture de Gradeénica et les cultures subséquentes du Néolithique tardif dans cette partie de la Bulgarie.

 

COMPLEXE ORIENTAL CULTURE DE LA MARICA (pl. 8-10, 11 : 17-18)


DATATION. Première moitié du Ve millénaire B.C..
EXTENSION GEOGRAPHIQUE. Thrace, bassins de la Marica et de la Tundza. Sites importants : Karanovo V (région de Nova Zagora), Azmak Vlll-V et Kirilovo (région de Stara Zagora), Raceva Mogila à Jambol, Karasura I (région de Cirpan). Culture distinguée par J. Gaul en 1939.
INDUSTRIE LITHIQUE. Les outils en pierre polie sont représentés par des haches à section rectangulaire. L'industrie en silex est basée sur des lames assez longues et épaisses, exécutées dans un silex d'assez bonne qualité importé de Bulgarie nord-orientale.
METALLURGIE. La production du cuivre est attestée par les mines de cuivre d'Ai Bunar dans la partie nord-occidentale de la Thrace. Plusieurs objets en cuivre sont connus des sites de cette culture, notamment des poinçons, des aiguilles, des haches plates et divers objets de parure.
PLASTIQUE. Des sculptures anthropomorphes et zoomorphes sont connues de même que des vases zoomorphes et anthropomorphes. Notons que la surface des vases est toujours très lisse et présente un éclat métallique dû à l'utilisation d'une peinture au graphite.
ECONOMIE. Culture et élevage, avec chasse d'appoint.
NECROPOLES. Les sépultures ne sont pas connues.
SITES. Bien que la culture de la Marica présente une continuité directe par rapport à la culture de Kalojanovec, le système d'habitat change brusquement. Les sites de la culture de la Marica forment des tells et apparaissent rarement dans les grottes du Rhodope (par exemple : grotte de Rash).

HABITAT. On trouve principalement des maisons rectangulaires aux parois en clayonnage, construites au niveau du sol. A l'intérieur des maisons on trouve des fours. Les maisons sont disposées selon un plan prédéterminé et ont été entourées de fossés (Azmak et Karasura). Les sites en tells constituent les habitats principaux et sont entourés d'habitations secondaires de moindre importance.
STADES. Le développement de cette culture se poursuit à travers quatre phases :
- phase 1 : caractérisée par les vases à profil sinueux. On observe la présence de coupes, de vases, d'écuelles. Il existe également des autels zoomorphes. La décoration incisée n'est pas très répandue ni la peinture au graphite. La céramique grossière est décorée à la barbotine ou de fossettes. Les vases possèdent des couvercles;
- phase 2 : apparition de profils anguleux. Les vases à col évasé et couvercle sont très répandus. On connaît également des vases en forme de tonneau couverts d'un décor incisé et incrusté de blanc. Les décors deviennent plus riches. Les motifs linéaires incisés existent toujours, mais sont plus fréquemment incrustés de pâte blanche ou rouge. Le décor linéaire, peint au graphite, comporte des figures en spirales, méandres, cercles et losanges;
- phase 3 : développement particulièrement important du décor linéaire peint au graphite qui remplace pratiquement toutes les autres techniques d'ornementation. Il est intéressant de noter que les vases sont presque totalement couverts d'ornements au graphite. Notons aussi la présence de quelques types nouveaux en céramique; des coupes, des tambours et des asko'r,
- phase 4 : se rattache déjà à l'Enéolithique moyen et peut être subdivisée en deux sous-phases. Elle annonce déjà les changements profonds qui se manifesteront à l'Enéolithique récent. A nouveau, on observe que le profil devient plus vague, moins accentué. Une certaine tendance vers la forme de vase cylindrique est observée. Les décors graphités changent; les formes linéaires sont remplacées par un décor réservé avec des surfaces graphitées plus grandes.

CULTURE DE POLJANICA (pl. 11 : 1-16) DATATION. Première moitié du Ve millénaire B.C..
EXTENSION GEOGRAPHIQUE. Nord-est de la Bulgarie sans la Dobroudja. Sites importants : Radingrad et Hisarlika (région de Razgrad), Poljanica et Ovcarovo (région de Tàrgoviste), Hotnica et Djulunica (région de Veliko Târnovo). Culture découverte par H. Todorova en 1971.
INDUSTRIE LITHIQUE. Basée sur des silex de bonne qualité.
METALLURGIE. Elle est aussi représentée par des outils.
PLASTIQUE. Des objets de parure importés de la Méditerranée surtout en test de spondyle. Les statuettes féminines sont très abondantes et portent presque toujours un décor incisé qui suggère l'existence de vêtements composés d'une blouse et d'un pantalon. Plusieurs modèles de maisons et de fours ont été rencontrés. On connaît également des représentations zoomorphes, plutôt schématiques.
ECONOMIE. Elle est basée principalement sur l'agriculture et l'élevage, mais la chasse joue un rôle important.
NECROPOLES. Les sépultures forment des cimetières à l'extérieur des colonies. Les rites funéraires sont très homogènes. Les squelettes en position repliée sont couchés sur le côté gauche, la tête vers l'est. Il faut noter la présence de cénotaphes (sépultures symboliques).
SITES. On observe une discontinuité par rapport à la culture de Hotnica . Avec les couches de la culture de Poljanica commencent généralement les séquences des grands tells de cette région. Les sites sont protégés par un système de fossés rectangulaires qui entourent les habitats.
HABITAT. Les habitats ont été mis en place selon un plan prédéterminé muni de deux axes perpendiculaires. Les espaces compris entre les rues perpendiculaires ont été remplis de maisons construites en clayonnage. Les maisons voisines se touchent par des parois, mais le plan intérieur rappelle généralement celui du megaron. Certaines maisons possèdent trois compartiments; un four est placé à gauche de l'entrée et dans le fond, une banquette en argile.
STADES. - Phase 1 : peu connue, ce qui augmente encore l'impression d'hiatus entre les couches du Néolithique tardif et celles du début de l'Enéolithique;
- phase 2 : dominée par la céramique principalement cylindrique et plus rarement conique. Décors linéaires peints au graphite, quelquefois combinés avec un décor incisé et incrusté de blanc, de jaune ou de rouge;
- phase 3 : les formes cylindriques sont remplacées par les formes en tonneau présentant une zone à décor incisé et à la barbotine dans la partie supérieure. On retrouve des peintures au graphite ; méandres, cercles et triangles hachurés;
- phase 4 : étape moyenne de l'Enéolithique. Le décor linéaire au graphite devient rare et est remplacé par un décor réservé. Les formes des vases deviennent plus basses et présentent une tendance vers le profil biconique. De larges bandes incisées sont généralement incrustées en blanc. Sur le fond du vase on observe des zones polies, de couleur noire ou brunâtre. Un décor pointillé, fait avec un outil à trois dents, est également présent. Certains vases portent un décor à la barbotine.

 

CULTURE DE SAVA


DATATION. Première moitié du Ve millénaire B.C..
EXTENSION GEOGRAPHIQUE. Le littoral de la Mer Noire sauf la Dobroudja. Principaux sites : Sava, Goljamo Delcevo, Conevo, Tärnak (région de Varna), Kableskovo et Salmanovo (région de Sumen), Durankulak (région de Dobric). Culture reconnue par H. Todorova en 1962.
INDUSTRIE LITHIQUE. Les outils en pierre polie sont faits de galets de rivières. L'industrie en silex est généralement laminaire, dans un silex de bonne qualité. Les silex locaux de mauvaise qualité ont été rarement utilisés. On note l'utilisation du cuivre surtout pour la production des objets de parure, de poinçons et d'aiguilles.
PLASTIQUE. La statuaire est généralement anthropomorphe. Parmi celle-ci, on rencontre des formes décorées avec des dessins incisés, mais également des statuettes schématisées, cylindriques ainsi que des représentations d'homme sur des vases.
ECONOMIE. Culture et élevage, complétés par la chasse, la pêche et la cueillette.
NECROPOLES. Les nécropoles sont situées en dehors des habitats. Les rites funéraires sont très homogènes. Les squelettes sont en position repliée sur le côté gauche avec la tête orientée à l'est. Le mobilier funéraire est très pauvre.
SITES. Bien qu'il existe une continuité entre la culture d'Usoe et celle de Sava, les systèmes d'habitat sont différents. Avec la culture de Sava, commencent les grands tells de cette partie de la Bulgarie, situés sur la première terrasse des rivières.
HABITAT. Les maisons de la culture de Sava sont rectangulaires, basées sur le plan du mégaron. Les parois sont en clayonnage. Les fours et les foyers sont situés à l'intérieur des maisons. On observe la présence de systèmes de fortifications entourant les sites (par exemple à Goljamo Delcevo).
STADES. La culture de Sava a connu quatre phases de développement :
- phase 1 : céramique à surface lisse, gris-rouge ou brunâtre, caractérisée par des formes assez spécifiques : coupes en tulipe, vases anthropomorphes avec couvercles, cannes, vases sur pieds creux et petites écuelles. Le décor est surtout gravé et incisé mais aussi lignes incrustées. Parmi les motifs on connaît également les méandres et les méandres spirales;
- phase 2 : les formes céramiques sont presque les mêmes mais on observe que le décor hachuré couvre des surfaces plus vastes. Coupes très évasées sur pieds creux. On connaît également des amphores avec des anses anguleuses;
- phase 3 : importance croissante de la peinture au graphite. Il faut donc synchroniser la troisième phase de la culture de Sava avec la troisième phase de la culture de la Marica. Les vases, surtout les écuelles, sont bien décorés avec des motifs gravés de damiers. La céramique grossière est représentée par des formes rappelant les tonneaux et décorée de fossettes;
- phase 4 : cette phase correspond déjà à l'Enéolithique moyen. Les profils plus prononcés des vases témoignent de changements dans la céramique. On rencontre des vases biconiques et cylindro-coniques ainsi que des vases à plusieurs étages, quelquefois avec corps anthropomorphes. Les écuelles sont connues. Le décor gravé délimite alors les surfaces incrustées en rouge. L'association d'un décor imprimé, souvent de couleur orange, rouge-brun ou gris-noir, et d'une surface toujours polie est très répandue. Certains décors de cette culture rappellent ceux de la culture de Hamangia.

 

ENEOLITHIQUE RECENT
La situation observée à l'Enéolithique ancien, où l'est des Balkans était subdivisé en deux zones (orientale et occidentale), s'est maintenue durant l'Enéolithique récent. La zone occidentale est occupée par le complexe de Krivodol-Sàlcuîa-Bubanj et la zone orientale par le grand complexe de la céramique peinte de Kodzadermen-Gumelnita-Karanovo VI, auquel se rattache la culture de Varna. Le premier de ces complexes s'étend plus à l'ouest (Serbie orientale avec la culture de Bubanj-Hum) et au nord (Olténie avec la culture de Sälcuja). Le deuxième complexe couvre la zone septentrionale, se rattachant à la culture de Gumelnit^a du Bas-Danube et à certaines cultures à céramique peinte des Carpates orientales et de la zone pontique.

 

„    CULTURE DE KRIVODOL (pl. 12) (voir également culture de Bubanj-Hum en Serbie et culture de Säteuja en Roumanie)


DATATION. Deuxième moitié du Ve millénaire B.C..
EXTENSION GEOGRAPHIQUE. Bulgarie occidentale et vallée de la Struma (jusqu'à la Grèce du nord). Olténie et Serbie pour d'autres variantes. Les sites importants sont : Krivodol, Galatin, Zaminec (région de Vraca), Telià et Sadovec (région de Pleven), Pernik - enceinte de Krakra, Pekluk et Okol Glava (région de Sofia), Djakovo (région de Kustendil), etc..
INDUSTRIE LITHIQUE. L'industrie lithique en pierre polie utilise surtout des amphibolites. Par contre l'industrie en pierre taillée utilise des silex de haute qualité importés du nord-est de la Bulgarie. L'industrie en silex est macrolithique et laminaire.
METALLURGIE. Le cuivre, fréquemment utilisé, provenait probablement des mines de Rudna Glava en Serbie. On a ainsi fabriqué des haches du type de Plocnik, des ciseaux, des hameçons, des poinçons et divers objets de parure.
PLASTIQUE. La sculpture en argile cuite est bien répandue. Les statuettes assises sont les plus fréquentes. Sculptures zoomorphes, vases zoomorphes et anthropomorphes. Les idoles en marbre et en os sont plutôt rares. Sur certains vases ainsi que sur des cachets en argile, des pictogrammes pourraient attester une proto-écriture.
ECONOMIE. Fondée essentiellement sur l'agriculture et l'élevage, elle est complétée par la
chasse.
NECROPOLES. Les nécropoles ne sont pas connues.
SITES. Les sites sont situés sur des élévations difficilement accessibles, protégées par des ravins ou des rivières. Les surfaces habitées étaient assez limitées. Rares exemples de sites à plusieurs niveaux d'habitation (Krivodol en Bulgarie, Sälcu^a en Roumanie). La position défendue par des facteurs naturels n' a pas requis la construction de systèmes de fortifications.
HABITAT. Les maisons sont généralement construites en argile, avec parfois un soubassement en pierre. Certaines ont été construites avec des poteaux et du clayonnage. Dans ce cas, on suppose qu'elles avaient deux étages. A l'intérieur, on trouve de grands fours quadrangulaires et quelques banquettes en argile. Dans le site de Telis, on a découvert un autel spécialement construit à l'intérieur de la maison.
STADES. On distingue quatre phases de développement dans la culture de Krivodol :
- phase 1 : la céramique est lisse, bien polie, avec une surface brune, noire ou beige. L'argile est particulièrement homogène. Les formes biconiques à carène peu accusée, les coupes et les vases ou amphores à col cylindrique, sont les formes dominantes de la céramique. Celle-ci est décorée de cannelures ou peinte au graphite. L'incrustation rouge est aussi présente. La céramique grossière est décorée à la barbotine;
- phase 2 : les formes de la première phase persistent mais plus fréquemment accompagnées d'anses ou de divers types de manche. Notons surtout la présence de vases à deux anses disposées symétriquement près du bord;
- phase 3 : une peinture épaisse apparaît dans le décor céramique. Après cuisson, cette peinture est jaune ou blanc-rougeâtre. Elle peut constituer le décor à elle seule ou être combinée avec du graphite et des cannelures. On observe toutefois que la surface graphitée est généralement très lisse. Parmi les divers types de décors, on distingue des fers de lance, des losanges et des spiralo-méandres parfois combinés avec des cannelures. Le décor imprimé est également attesté;
- phase 4 : on observe une certaine dégénérescence de la céramique, notamment sur le plan technologique. Elle est faite d'une pâte à dégraisssant sableux assez abondant. En outre, la paroi du vase est plus épaisse et la surface n'est plus aussi lisse et égale que dans les phases précédentes.
Ces tendances se maintiennent à la phase finale du développement des complexes de Krivodol-Sâlcuta-Bubanj et surtout à l'étape connue en Roumanie comme Sàlcuia IV. L'horizon final de ce grand complexe qui est presque totalement différent des phases précédentes doit être placé dans le cadre de l'Enéolithique final, de même que les soi-disant Scheibenhenkel horizonte.
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CULTURE DE KODÈADERMEN-KARANOVO VI (pl. 11 ; 19; 13-15) (voir également culture de Gumelnija en Roumanie)


DATATION. Deuxième moitié du Ve millénaire B.C.. .
EXTENSION GEOGRAPHIQUE. Nord-est de la Bulgarie et plaine thrace (sans le littoral de la Mer Noire), limités par les Rhodopes du sud. Le même complexe s'étend vers le nord jusqu'en Munténie où il correspond à la culture de Gumelnit^a. Les sites importants sont : Kodzadermen, Salmanovo, Smjadovo, Vinica (région de Sumen), Ruse, Kubrat (région de Ruse), Radingrad et Hisarlika (région de Razgrad), Poljanica, Ovcarovo (région de Târgoviëte), Karanovo VI, Starozagorski Mineralni Bani, Azmak, Madrée (région de Stara Zagora), Dolnoslav, Meckur (région de Plovdiv). Culture distinguée par R. Popov en 1901 et par V. Mikov en 1937.
INDUSTRIE LITHIQUE. Elle est macrolithique avec des traits laminaires. Le silex est importé du nord-est de la Bulgarie.
PLASTIQUE. On possède des sculptures en terre cuite, en os et en marbre. Ce sont surtout des statuettes féminines très stylisées et géométrisées avec hypertrophie des hanches et des cuisses. On a également retrouvé des sculptures zoomorphes tout aussi schématisées ainsi que des représentations réalistes. Les vases zoomorphes et anthropomorphes sont parfois de grandes dimensions. Des modèles de lieux de cérémonie ainsi que des représentations miniaturisées de temples (par ex. Ovcarovo) ont été retrouvés et on a pu observer les attestations des cultes solaire et lunaire. La mythologie de la population de Kodzadermen-Karanovo VI était abondamment développée.
ECONOMIE. Basée essentiellement sur l'agriculture et l'élevage, elle accorde toutefois une assez grande importance à la chasse (jusqu'à 50% des ossements appartiennent à des animaux sauvages). Il existe divers témoignages de contacts interrégionaux établis par la population de la culture de Kodzadermen-Karanovo VI. Le cuivre était largement utilisé, surtout pour la fabrication des haches, des ciseaux, des poinçons et des objets de parure. L'or est aussi utilisé fréquemment, surtout pour les objets de parure et les statuettes. Les coquilles provenant de la Méditerranée - principalement des spondyles - constituent des ensembles très riches retrouvés surtout dans les sépultures, ainsi que des objets en quartzite, en malachite et en calcédoine.
NECROPOLES. Les cimetières, établis en dehors des lieux d'habitation, sont généralement situés à l'ouest du site. Les rites funéraires étaient homogènes. Tous les squelettes, couchés sur le côté gauche en position repliée, sont orientés avec la tête vers l'est. Des cénotaphes ou sépultures symboliques existent également. Le mobilier funéraire est constitué de un à dix vases et de divers objets de parure disposés près du torse et sur le cou.
SITES. Les sites mentionnés plus haut forment les plus importantes séquences de couches dans les grands tells bulgares.
HABITAT. Tous les sites sont fortifiés par des fossés et des palissades. Les villages, à l'intérieur des fortifications, sont construits selon un plan prédéterminé. Généralement, ce plan poursuit des tendances connues depuis l'Enéolithique ancien, avec des rues qui se coupent à angle droit. Chaque maison contient un four proche des parois et une banquette en argile. Au centre de chaque colonie, on peut observer la présence d'une grande maison, généralement à deux étages où se trouvait la réserve de graines utilisées pour la culture du blé, conservée dans de grands vases.
STADES. Trois phases d'évolution de cette culture ont pu être distinguées :
- phase 1 : dans la céramique, les formes cylindriques et cylindro-coniques dominent. Les vases ont des parois très minces réalisées à partir d'une argile très pure, sans mélange de sable ni d'éléments organiques. Dans la céramique fine, le décor réservé réalisé à l'aide de peinture au graphite domine. La céramique grossière est décorée à la barbotine, ou bien de bandes pointillées et de fossettes;
- phase 2 : les formes biconiques dominent. On connaît des vases à col évasé, ornés de peinture au graphite, surtout dans la partie supérieure de la panse;
- phase 3 : on observe des influences de la culture de Sàlcu{a, notamment par la présence de petites amphores à deux anses symétriques, caractéristiques des vases du type askos, ainsi que des grands vases ornés de barbotine. Il existe en outre des vases anthropomorphes et des urnes avec représentations de visages. L'utilisation de la peinture au graphite devient plus rare mais le décor imprimé se répand; celui-ci couvre parfois toute la surface du vase. Durant cette phase, l'exploitation des mines de cuivre d'Ai Bunar se poursuit. Ce cuivre faisait l'objet d'échanges avec plusieurs populations des cultures voisines. Après la fin de cette troisième phase de la culture de Kodzadermen-Karanovo VI, on observe un hiatus culturel.

 

CULTURE DE VARNA (pl. 16, 17)


DATATION. Deuxième moitié du Ve millénaire B.C..
EXTENSION GEOGRAPHIQUE. Le littoral bulgare de la Mer Noire. Sites importants : cimetières de Varna I et de Devnja, palafittes du lac de Varna, de Burgas, Sozopol, Ropotamo, etc., Durankulak (région de Dobric). Culture distinguée par H. Todorova en 1968.
PLASTIQUE. Les sculptures et les différentes formes de représentations anthropomorphes et zoomorphes sont très répandues dans cette culture de Varna. Il y a aussi beaucoup de représentations animalières et de statuettes anthropomorphes en cuivre et en or. On connaît encore des vases zoomorphes, des pintaderas portant des pictogrammes; il s'agit probablement d'une proto-écriture.
ECONOMIE. L'économie était basée sur l'agriculture et l'élevage, avec un certain rôle de la chasse et de la pêche. On connaît des traces de production métallurgique en or et en cuivre. La plus grande partie du cuivre provenait des mines d'Ai Bunar, mais il existe du cuivre arsénié dont l'origine est inconnue jusqu'à présent .
NECROPOLES. Les sépultures forment des cimetières assez grands et très riches en mobilier funéraire. Le plus connu est le cimetière n°f de Varna, ainsi que le cimetière de Devnja et de Durankulak. Deux rites funéraires sont appliqués. Les hommes sont ensevelis en position allongée, tandis que les femmes sont en position repliée sur le côté gauche. Toutes les têtes sont orientées vers le nord. On connaît aussi des cénotaphes (sépultures symboliques). On observe une différenciation dans le mobilier funéraire qui témoigne en faveur d'une différenciation sociale.
Dans les sépultures, on trouve des vases, des objets de parure en or, en cuivre, en coquille de spondyle, en quartzite, en malachite, en calcédoine, des coquilles de dentale et aussi plusieurs outils en pierre, silex, os et bois de cervidé. A Durankulak, certaines sépultures ont été recouvertes de plaques de pierre.
SITES. Deux types de sites : palafittes et sites à plusieurs couches sur des collines formant des tells.
HABITAT. Nous ne possédons aucun élément témoignant en faveur de l'existence de systèmes de fortifications. L'architecture est représentée par des maisons à parois d'argile construites sur des soubassements en pierre. Le plan de la maison ressemble au mégaron, mais il est plus trapézoïdal et possède deux chambres intérieures.
A l'intérieur des maisons, on observe la présence d'un grand four quadrangulaire situé sur un socle en pierre, généralement face à l'entrée. Une banquette en argile est disposée le long de la paroi opposée. Au centre de la maison se trouve d'habitude un autel trapézoïdal. Ces structures sont localisées dans la deuxième chambre, tandis que la première montre plutôt des traces de foyers et livre de nombreux tessons de céramique.
Dans la partie centrale du site de Durankulak, on a fouillé une très grande maison (1666 mètres carrés) qui jouait sans doute le rôle de lieu de cérémonie ou de rassemblement de la population.
STADES. La culture de Varna peut être subdivisée en trois phases évolutives : - phase 1 : elle est caractérisée par une céramique noire comportant des vases biconiques dont le profil est souligné par des bosses. Il existe également des écuelles à pied creux et des tablettes rectangulaires. Le décor gravé, incrusté de blanc ou de rouge, est caractéristique;
- phase 2 : la céramique noire, à surface bien polie est représentée surtout par des formes biconiques sans carène bien marquée. Il existe aussi des amphores biconiques et des vases à profil en S. L'ornementation incrustée polychrome est moins représentée;
- phase 3 : la céramique noire ou brune, très bien polie, est peinte au graphite. On connaît quelques décors gravés du type Ezerovo. Les vases ont un profil moins anguleux, plutôt en S. Les écuelles coniques sont aussi caractéristiques. On connaît encore des vases à profil en S à couvercle. La céramique grossière comporte des formes en tonnelet décorées à la barbotine.
La culture de Varna disparaît brusquement à cause des invasions des peuples de la steppe à la fin du Ve millénaire B.C..

PERIODE DE TRANSITION (ENEOLITHIQUE FINAL)
Le développement de grands complexes culturels de l'Enéolithique récent a été interrompu par les invasions des peuples de la steppe vers la fin du Ve millénaire B.C.. Deux cultures différentes sont issues du mélange des populations indigènes et des nouveaux venus ; en Bulgarie occidentale celle de Galatin et en Bulgarie nord-orientale celle de Pevec, prolongée vers le nord, dans le bassin du Danube inférieur, par la culture de Cernavoda I. Par contre, au sud de la Bulgarie, dans la plaine Thrace, on ne connaît aucun site de cette période.
Les phénomènes culturels en question font partie de-courants culturels plus larges qui traversent toute l'Europe septentrionale (Sitagroi IV, Képhala, Mandalo; peut-être même retrouve-t-on ces éléments dans la culture de Rakhmani).

CULTURE DE GALATIN (pl. 18) (voir aussi cultures de Sàlcuîa IV, Bäile Herculane - Cheile Turzii, chapitre V)

DATATION. Première moitié du IVe millénaire B.C..
EXTENSION GEOGRAPHIQUE. Nord-ouest de la Bulgarie. Sites importants : Galatin, Rebàrkovo (région de Vraca) et Telis IV (région de Pleven). Culture distinguée par H. Todorova en 1980.
METALLURGIE. Le cuivre, et en particulier la cuivre arsénié, était largement utilisé pour fabriquer des poinçons, des haches plates, des ciseaux et des bracelets en spirale.
ECONOMIE. Elle est représentée surtout par l'élevage des moutons et des chèvres. L'agriculture jouait aussi un rôle important, complétée par la chasse et la cueillette.
NECROPOLES. Les sépultures ne sont pas connues.
SITES. Les couches de cette culture surmontent généralement celles de la culture de Krivodol dans les tells, mais on les trouve aussi en grotte.
HABITAT. Les structures d'habitat sont représentées par des maisons rectangulaires aux parois en argile. Les vestiges de ces maisons ressemblent donc à ce que l'on appelle les Plostadki de la culture de Tripolje. Les couches ou amas d'argile cuite provenant de la destruction des parois des maisons sont souvent mal conservés à cause de l'érosion. A l'intérieur des maisons, on découvre des pavages en petits galets et des fours généralement rectangulaires à coins arrondis proches d'une des parois.
STADES. Trois phases peuvent être distinguées :
- phase 1, de Rebàrkovo ; la céramique conserve les formes caractéristiques de la culture de Krivodol. Les surfaces sont gris-noir, bien polies, fréquemment ornées d'un décor peint en blanc et rouge. Les sculptures zoomorphes sont connues. D'après certaines influences dans les formes céramiques, on peut établir que cette phase est contemporaine de la culture de Bodrogkeresztur, dans le bassin du moyen Danube;
- phase 2 connue surtout à Telis : elle est caractérisée par une céramique grise, beige ou gris-noir. Les vases sont munis d'anses qu'on appelle Scheibenhenckel. Il existe aussi des formes en amphore avec deux anses plates qui dépassent le bord du vase, des écuelles quelques fois doubles et des plats. La céramique de cette phase est presque identique à celle de la culture de Sàlcuîa IV en Roumanie;
- phase 3, dite de Galatin : les formes céramiques ne changent pas beaucoup mais on assiste à l'apparition d'un décor incisé, incrusté de blanc ou de rouge qui ressemble à celui de la culture de Lasinja III en Hongrie occidentale et en ex-Yougoslavie du nord-ouest. Ce décor est aussi connu dans la phase de Herculane en Roumanie.

 

CULTURE DE PEVEC (pl. 19) (voir aussi culture de Cernavoda I, chapitre V)


DATATION. Première moitié du IVe millénaire B.C..
EXTENSION GEOGRAPHIQUE. Nord-est de la Bulgarie. Sites importants : Pevec, Ovcarovo-plateau (région de Târgoviste), Hotnica-Vodopada (région de Veliko Tàrnovo). Culture distinguée par H. Todorova en 1971.
METALLURGIE. La culture de Pevec connaît aussi la production métallurgique, et principalement le cuivre arsénié, qui servait à fabriquer des poinçons et de petites flèches. Contrairement aux autres cultures de l'Enéolithique, la culture de Pevec n'a pas connu le développement de l'art figuratif.
ECONOMIE. Les ossements étant assez mal Conservés dans les sites de la culture de Pevec, nous ne disposons que d'évaluations approximatives concernant le rôle de l'élevage. Parmi les ossements des animaux domestiques, les capridés et les moutons dominent, suivis immédiatement par la faune sauvage. Ni les changements climatiques de cette période (dessèchement), ni le terrain montagneux occupé n'ont favorisé le développement de l'agriculture. Ces sites représentent des séjours saisonniers. La population se déplaçait une ou deux fois durant l'année; on peut donc supposer l'existence de la transhumance.
NECROPOLES. Les sépultures ne sont pas connues.
SITES ET HABITAT. Installés sur les collines du piémont du Balkan. Il sont assez petits, composés de 3 à 8 cabanes, au plan ovale ou bilobé. Leur longueur ne dépasse pas 4 m. Aux alentours des cabanes, on a trouvé des fours circulaires, entourés de surfaces couvertes de revêtement d'argile. A l'intérieur des cabanes, on trouve des traces de foyers.
STADES. On peut supposer qu'il existait une phase ancienne de la culture de Pevec, probablement contemporaine de la culture de Tripolje B2, mais ces sites n'ont pratiquement pas été fouillés. On connaît mieux l'étape tardive de cette culture, contemporaine de Tripolje C1. Dans cette phase, la poterie est très fine; la pâte contient un dégraissant organique ainsi que de la chamothe. Les surfaces sont noires et assez lisses. Notons aussi la présence de quelques fragments de vases à décoration cordée, considérés comme importés. A Ovcarovo, on a découvert la phase finale de cette culture contemporaine de Cernavoda I, en Roumanie. Des coupes assez hautes, coniques, parfois munies d'anses, sont ornées de cannelures horizontales. Les objets en cuivre ne sont pas nombreux. On ле connaît pratiquement qu'un poinçon en cuivre. La présence des anses- du type Scheibenhenckel indique qu'il s'agit de l'horizon chronologique en question.
LEGENDE DES PLANCHES

PI. 1. Culture de Karanovo II : céramique. Ploska Mogila près de Stara Zagora : 1,5,7; Veliki Preslav : 2; Karanovo II près de S liven : 3,4,6,8,9; Kazanlâk : 10.
Pl. 2. Culture de Veselinovo (1-4), culture de Kalojanovec (5), culture de Kurilo (6). Différentes formes de vases (1-5) et vase anthropomorphe (6). Karanovo : 1; Jassa Tepe près de Plovdiv : 2,3; Tell Azmak : 4; Kalojanovec : 5; Kurilo : 6.
Pl. 3. Culture d'Usoe : vases céramiques (1-3), couvercles (4,5). Usoe I près d'Asparuhovo : 1-5.
Pl. 4. Culture de Hamangia : céramique. Durankulak près de Dobric, fosse 1 : 2,3,6; Durankulak, sépultures : 1,4,5,7-17.
Pl. 5. Culture de Hamangia : plastique anthropomorphe en pierre. Cernavoda : 1-3; Durankulak : 4-8, Ôerna ; 9.
Pl. 6. Culture de Dikili Tash-Slatino (1-8), culture de Gradeénica (9-10). Céramique des sites éponymes.
Pl. 7. Culture de Gradeénica. Céramique du site éponyme (1-10).
Pl. 8. Culture de la Marica. Céramique de la phase I (1-5) et de la phase II (6-10).
Pl. 9. Culture de la Marica. Céramique de la phase III (1-9).
Pl. 10. Culture de la Marica. Céramique de la phase IV (1-14).
Pl. 11. Culture de Poljanica : différentes formes de la'céramique (1-16). Principaux motifs d'ornementation de la culture de la Marica : phase III (17), phase IV (18) et de la culture de Kodzadermen-Karanovo VI (19).
Pl. 12. Culture de Krivodol : céramique des phases III et IV (1-14), statuette (15), hache-marteau en cuivre (16).
Pl. 13. Culture de Kodzadermen-Karanovo VI. Céramique de la phase I (1-7). Pl. 14. Culture de Kodzadermen-Karanovo VI. Céramique de la phase II (1-16). Pl. 15. Culture de Kodzadermen-Karanovo VI. Céramique de la phase III (1-23). Pl. 16. Culture de Varna. Céramique (1-6). Durankulak près de Dobric, cimetière. Pl. 17. Culture de Varna. Céramique (1-9). Durankulak près de Dobric, cimetière. Pl. 18. Culture de Galatin. Céramique (1-13). Pl. 19. Culture de Pevec. Céramique (1-15).

Fig. 1. Ovcarovo. Plan du site néolithique : Ville horizon du tell.
Fig. 2. Durankulak. Fosse-cabane n°1.
Fig. 3. Durankulak. Foyer dans la fosse n°1.
Fig. 4. Durankulak. Fosse-cabane n°2.
Fig. 5. Durankulak. Sépulture n° 512.
Fig. 6. Durankulak. Sépulture n° 626.
Fig. 7. Durankulak. Objets en cuivre de la phase Hamangia I.

 

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